Dans Late-Modern Architecture, Charles Jencks explore et théorise le développement de l'architecture moderne tardive à la charnière des années 1960-1980, moment où les idées du modernisme affluent vers de nouvelles formes avant l'émergence du post-modernisme. Contrairement à son ouvrage précédent (The Language of Post-Modern Architecture), où il définit le post-modernisme comme rupture par rapport au modernisme, ici Jencks analyse ce qu'il nomme le « Late Modern » comme une phase particulière du modernisme lui-même, ni totalement moderniste orthodoxe, ni encore vraiment post-moderne.
Jencks montre que l'architecture moderne tardive conserve les principes fondamentaux du modernisme — rationalisme, fonctionnalité, mise en valeur de la technologie — mais les pousse à un extrême expressif et rhétorique. Ce mouvement accentue l'utilisation de formes sculpturales, de structures complexes, de systèmes techniques visibles et d'expression technologique (souvent appelée architecture high-tech), cherchant à revitaliser ce qu'il considère comme un langage architectural devenu trop stéréotypé ou « ennuyeux ».
Le livre est organisé en trois grandes parties :
1. Théorie du Late Modern : Jencks questionne si cette phase marque la « fin d'une ère » du modernisme, examine les rapports entre modernisme tardif et post-modernisme, et met en parallèle leurs rhétoriques visuelles.
2. Pratique et exemples concrets : il analyse des œuvres et approches d'architectes qui incarnent ce courant, comme les projets de James Stirling, l'architecture japonaise pluraliste, ou encore des expressions qualifiées de supersensualistes. Ces études de cas illustrent la variété formelle du mouvement et sa volonté de dépasser la simple rationalité fonctionnelle.
3. Commentaires critiques : Jencks n'hésite pas à adopter un ton ironique en abordant des figures controversées comme Philip Johnson ou Bruce Goff, qui, selon lui, incorporent des éléments stylistiques qui flirtent avec la camp ou la provocation.
Avec des illustrations et essais variés, Jencks montre que le Late Modern est un modernisme plus dramatique, plus technologique et plus rhétorique, mais qui, malgré ses innovations, finit par ouvrir la voie au pluralisme post-moderne.
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Dans Late-Modern Architecture, Charles Jencks explore et théorise le développement de l'architecture moderne tardive à la charnière des années 1960-1980, moment où les idées du modernisme affluent vers de nouvelles formes avant l'émergence du post-modernisme. Contrairement à son ouvrage précédent (The Language of Post-Modern Architecture), où il définit le post-modernisme comme rupture par rapport au modernisme, ici Jencks analyse ce qu'il nomme ...
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