En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation d'un simple cookie d'identification. Aucune autre exploitation n'est faite de ce cookie. OK

Documents Archiscopie 29 résultats

Filtrer
Sélectionner : Tous / Aucun
P Q

1
Cité de l'Architecture et du patrimoine / IFA
293, avenue Daumesnil
75012
Paris
France


Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y
- n° 25 2021, 2e trimestre - 128 p.
Cote : Stock Revues
Éditorial Plus d'espace habitable
par Francis Rambert

Vers un nouvel espace-temps
par Sophie Trelcat
L'open space a-t-il encore un avenir ?
par Christine Desmoulins
La clé des champs ou l'heure du bureau nomade par Mathieu Mercuriali
Le bureau n'est plus ce qu'il était
par Philippe Trétiack
Le bureau, terre d'expérience
par Francis Rambert
Les habits noirs de la reconversion
par Jean-François Pousse
Faire rotule entre formation, recherche et entreprise par Gabriel Ehret
Travailler. Bureau, domicile, tiers-lieu. De Bartleby à la pandémie de Covid-19
par Christine Carboni , Repères chronologiques

Albert Moukheiber “la complexité est un antidote à l'uniformisation” propos recueillis par Francis Rambert

Tendance Babylone contre Athènes par Richard Scoffier
Drapé contemporain au théâtre Legendrepar Christine Desmoulins (le théâtre d'Évreux par Opus 5)
De très politiques reconstructions par Fabien Bellat
Une approche résolument contextuelle et urbaine par Serge Santelli
(deux livres retracent la pensée de Bernard Huet•
De l'architecture à la ville. À l'écoute de la richesse sonore des lieux par Guy Lambert
Une matinée chez Jean Perrottet par Olivier Namias et Claire Gausse
L'architecture d'auteur en toute urbanité par Francis Rambert (Henri Gaudin)
Henri Gaudin, le dernier baroque romantique par Anne Démians
Les mille écrins du travail par Rémi Guinard (, le cinéma suit à sa manière les mutations du travail)

Nouvelles territorialités du projet par Djamel Klouche[-]
Éditorial Plus d'espace habitable
par Francis Rambert

Vers un nouvel espace-temps
par Sophie Trelcat
L'open space a-t-il encore un avenir ?
par Christine Desmoulins
La clé des champs ou l'heure du bureau nomade par Mathieu Mercuriali
Le bureau n'est plus ce qu'il était
par Philippe Trétiack
Le bureau, terre d'expérience
par Francis Rambert
Les habits noirs de la reconversion
par Jean-François Pousse
Faire rotule entre formation, ...[+]

ESPACE DE TRAVAIL ; RAPPORT HABITAT-TRAVAIL ; BATIMENT DE BUREAUX ; SIEGE SOCIAL

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y

Archiscopie - 43 juillet. 2026 | Archiscopie 26/06/2026 H

Sommaire de revue

- n° 43 - 128 p.

Ce numéro 43 défend une idée forte : la guerre produit des paysages autant qu'elle détruit des territoires. Les conflits laissent des traces physiques, environnementales, culturelles et symboliques durables. L'architecture, l'urbanisme et le patrimoine deviennent alors des moyens de comprendre les conflits, d'en préserver la mémoire et de préparer la reconstruction. Il s'agit d'un numéro particulièrement riche, à la croisée de l'histoire, de la géographie, de l'architecture, de la philosophie et des études sur le patrimoine.

[-]
Ce numéro 43 défend une idée forte : la guerre produit des paysages autant qu'elle détruit des territoires. Les conflits laissent des traces physiques, environnementales, culturelles et symboliques durables. L'architecture, l'urbanisme et le patrimoine deviennent alors des moyens de comprendre les conflits, d'en préserver la mémoire et de préparer la reconstruction. Il s'agit d'un numéro particulièrement riche, à la croisée de l'histoire, de la ...[+]

ARCHITECTURE MILITAIRE ; PATRIMOINE ARCHITECTURAL ; PAYSAGE ; Reconvertion

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y

Archiscopie - 42 oct. 2025 | Archiscopie 19/12/2025 H

Sommaire de revue

- n° 42 oct. 2025 - 128 p.
À l'occasion de l'exposition “Quartiers de demain” Archiscopie se penche sur "la question urbaine" et ses diverses réponses en France et ailleurs.

De la pratique de la tabula rasa avec les opérations de démolition-reconstruction aux approches plus écologiques et sociales prônant l'économie de moyen, ce numéro s'intéresse aux différentes politiques urbaines à travers de nombreuses situations, qu'il s'agisse de nouvelles constructions, de projets de rénovation ou de restructuration.

Au sommaire également : un entretien de l'architecte-urbaniste barcelonais Joan Busquets, un billet sur la couleur, une analyse croisée des agences Chinchilla (Madrid) et Freaks (Paris), une critique de livres sur l'habitat expérimental et l'habituelle Bibliographie.

Couverture : Le quartier des Courtillières à Pantin en 2017, en cours de transformation par l'AUC arch.-urb. Ph. © Maxime Delvaux.
[-]
À l'occasion de l'exposition “Quartiers de demain” Archiscopie se penche sur "la question urbaine" et ses diverses réponses en France et ailleurs.

De la pratique de la tabula rasa avec les opérations de démolition-reconstruction aux approches plus écologiques et sociales prônant l'économie de moyen, ce numéro s'intéresse aux différentes politiques urbaines à travers de nombreuses situations, qu'il s'agisse de nouvelles constructions, de projets ...[+]

ANIMATION URBAINE

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y
- n° 41 juil. 2025 - 128 p.
Comment envisager l'avenir construit ? Plus qu'à l'utopie ou à la science-fiction, l'heure est à l'anticipation et à la prospective. Le dossier évoque l'IA et la manière dont la Biennale d'architecture de Venise et les lauréats des EUmies Awards abordent la question et donne la parole à une vingtaine d'architectes français. Avec un entretien de l'artiste Eva Jospin, un récit du “Duo et Débats” avec Muoto vs b+, des articles sur l'École des beaux-arts et sur l'influence du constructivisme en Ukraine, ainsi que l'habituel recensement d'une cinquantaine de livres récents en français.[-]
Comment envisager l'avenir construit ? Plus qu'à l'utopie ou à la science-fiction, l'heure est à l'anticipation et à la prospective. Le dossier évoque l'IA et la manière dont la Biennale d'architecture de Venise et les lauréats des EUmies Awards abordent la question et donne la parole à une vingtaine d'architectes français. Avec un entretien de l'artiste Eva Jospin, un récit du “Duo et Débats” avec Muoto vs b+, des articles sur l'École des ...[+]

FUTURISME ; BIENNALE DE VENISE ; CONSTRUCTIVISME ; Hybridation ; INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ; NATURE ; ETRE HUMAIN ; Machine ; PROSPECTIVE ; EXPERIMENTATION ; UKRAINE

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y

Archiscopie - 40 avril 2025 - L'Espace public | Archiscopie 14/10/2025 H

Sommaire de revue

- n° 40 avril 2025 - 150 p.
Archiscopie 40 - avril 2025
Éditorial
L'espace public, lieu de tous les possibles ? - Dans la fabrique de la ville, il tient une place majeure. Projet de société autant que projet urbain, l'espace public, dont la notion est aussi bien politique que physique, est quelque peu fragilisé dans le monde contemporain, privatisé de plus en plus, menacé par le terrorisme, touché par le surtourisme…

Qu'en est-il dès lors des valeurs de l'espace public ? Si l'on s'en tient à la dimension physique, pas besoin de soumettre la question à l'IA, il suffit de regarder la toile de Gustave Caillebotte Rue de Paris, temps de pluie, tant elle respire l'urbanité en 1877. Depuis Haussmann, certes, l'espace public a beaucoup évolué et son concept a été revisité par les architectes au cours du XXe siècle. Icône de la transformation d'un monument, le palais de Chaillot, qui abrite notamment la Cité de l'architecture et du patrimoine, est aussi un modèle d'espace public. La grande force du projet de 1937 est d'avoir intégré dans sa composition une esplanade qui établit une continuité entre la place du Trocadéro et le Champ-de-Mars. Bien plus qu'une plateforme à selfies devant la tour Eiffel, c'est une ouverture sur la ville.

De grands projets issus de concours internationaux à Paris, comme le Centre Pompidou en 1971, le parc de la Villette en 1982 et la Bibliothèque nationale en 1989, ont depuis redonné un souffle en soulignant la dimension cruciale de l'espace public. Aujourd'hui, le patrimoine n'est pas en reste, des hauts lieux comme les abords de Notre-Dame ou la place de la Concorde amorcent leur mutation et se végétalisent.

Nul doute que l'espace public conditionne la vie dans la ville. Il y va de la démocratie et du vivre-ensemble. Qu'on soit habitant, passant ou manifestant, on a besoin de ce type d'espace qu'on ne saurait résumer en une seule forme tant il se décline dans une variété de typologies.

C'est le lieu où la question spatiale croise la question sociale au coeur du paysage urbain - et l'un des enjeux de la consultation internationale “Quartiers de demain” lancée en juin 2023 par le président de la République sur dix sites prioritaires de la politique de la Ville.

Mais à quoi aspire le citadin dans le contexte du réchauffement climatique ? Si le paradigme a changé avec la transition écologique, l'adaptation aux modes de vie s'impose. De là à penser que l'espace public pourrait être le lieu de tous les possibles… Sa conception et son potentiel sont au coeur des réflexions sur la ville résiliente. Les architectes, les urbanistes, les paysagistes y travaillent, récupérant ici des friches, revitalisant là des emprises, renaturant ailleurs des territoires. Si le parc Martin-Luther-King en est un bon exemple à Paris, la High Line à New York, le parc Superkilen à Copenhague ou bien le pont Simone-Veil à Bordeaux ont ouvert d'autres voies encore. Et la mutation du Vieux-Port de Marseille, qui a notamment redonné bien plus d'espace au piéton, confirme la tendance. Plus que jamais, l'espace public doit s'ouvrir aux usages et s'adapter au climat.

Francis Rambert



Parution le 21 mai



SOMMAIRE


LE THÈME



Vivre dans les vides de la ville
par Francis Rambert
De plus en plus privatisé, l'espace public, ouvert à tous par définition, serait-il en danger ? Prenant toutes sortes de formes dans les territoires de la ville, cette pièce maîtresse de l'urbanité pose la question de l'usage avec encore davantage d'acuité aujourd'hui. À l'aune de la transition écologique, la mesure n'est pas tant l'angle de la géométrie que la perspective du climat. À l'heure où des hauts lieux parisiens comme Notre-Dame et ses abords ou la place de la Concorde amorcent leur mutation, interrogeons-nous sur ce que recouvre cette notion d'espace public, qui s'entend dans une vision plurielle.

Figures du vide
par Richard Scoffier
Mystère de la place, cette ouverture ménagée dans les villes pour que se rencontrent les individus isolés et dispersés qui les habitent. Un contenant qui permet à son contenu de se constituer en communauté et de prendre conscience de son unité et de sa puissance.

Des villes plus vertes, mais pour qui ?
par Ivan Blasi
Les espaces publics jouent un rôle essentiel dans la convivialité et l'interaction sociale, car ils accueillent de multiples formes de relation entre les personnes. Au risque d'être victimes de surfréquentation ou d'entraîner une gentrification. Regard depuis l'Espagne.

Quand lʼarchitecture crée lʼespace public
par Christine Desmoulins
Si, partout, l'architecture et l'urbanisme s'accordent pour dessiner notre univers, il arrive que la première prenne le pas pour façonner elle-même des espaces publics ou les remodeler.

Trouver sa place publique
par Philippe Trétiack
Réussi, l'espace public doit libérer celles et ceux qui le traversent comme la littérature libère les imaginaires. L'intime peut alors se déployer dans le collectif.

Végétaliser lʼespace public ?
par Jean-Pierre Le Dantec
Une ville plus verte… Le Nôtre, en pionnier, a ouvert la voie du temps de Louis XIV. Puis Alphand a pris le relais au moment des grands travaux d'Haussmann à Paris, et Olmsted a développé son système de parcs aux États-Unis. Entre coulées vertes, forêts urbaines et lames d'eau, les métropoles cherchent aujourd'hui à respirer et à se rafraîchir.

Remédier aux inégalités territoriales, aff ronter le dérèglement climatique
par Gabriel Ehret
Dans l'agglomération de Lyon, où le travail sur l'espace public est sans équivalent en France, l'objectif des édiles a profondément changé depuis les années 1990. Il s'agissait à l'origine d'offrir une même qualité urbaine aux habitants des périphéries qu'à ceux de l'hypercentre de Lyon : par l'espace collectif, on ordonnançait le territoire ; dorénavant, on en appelle à la nature dans la cité pour apporter des antidotes aux désordres environnementaux.

Le paysage ? Border line !
par Jean-Philippe Hugron
L'espace public ne serait-il l'affaire que des urbanistes, des ingénieurs et des architectes ? N'est-il pas, avant tout, une question de… paysage ? Philippe Deliau, cofondateur de l'agence Alep, observateur passionné de la cause urbaine sous le prisme de son métier de paysagiste, prône volontiers une vision “naturaliste” de l'espace public. Une affaire, dit-il, de limites…

Quand le cinéma descend dans la rue
par Joachim Lepastier
Saisir en un film, ou parfois simplement en une image, l'essence et l'ambiance d'une ville… C'est par le cinéma que nous connaissons souvent certaines identités urbaines. Mais l'acte de filmer une rue ou une place n'est pas qu'une question de décor. Il implique déjà des considérations sur l'espace public et ses transformations.

Espaces publics : espaces traversés, espaces partagés, 1951-2025 - Repères chronologiques
par Christine Carboni




L'ENTRETIEN



Paola Viganò
“Reposer la question entre vie, espace et politique”
Propos recueillis par Francis Rambert
La ville, c'est son sujet ; l'espace public, son travail et l'eau, un de ses grands thèmes de réflexion. Basée à Milan, professeure à l'IUAV de Venise comme à l'EPFL de Lausanne, Paola Viganò opère sur les territoires urbains, notamment en Belgique et en France. Après avoir fondé son studio avec Bernardo Secchi (1934-2014), elle a élaboré avec lui le concept de “la ville poreuse” à l'occasion de la consultation internationale sur le Grand Paris en 2008. Première femme à recevoir, en 2013, le Grand Prix de l'urbanisme, elle fait partie aujourd'hui des trente équipes engagées dans la consultation “Quartiers de demain”. Comme le démontre le square Marie-Janson que l'architecte-urbaniste italienne a réalisé à Bruxelles-Capitale, l'espace public ne s'entend pas comme un seul lieu mais comme un système d'espaces. Et, pour elle, l'adaptation climatique ne va pas sans adaptation culturelle et sociale.



L'ESPACE CRITIQUE


Tendance
Recours à la magie
par Richard Scoffier
Les maîtres du modernisme nous ont appris à concevoir des espaces libres en jouant sur la hauteur du plafond, en ne faisant pas monter les cloisons jusqu'à lui, en utilisant des pilotis et non des murs, et en ouvrant souvent les angles. D'autres méthodes, moins orthodoxes, permettent des résultats beaucoup plus spectaculaires…

Pays-Bas : faits et idées New Dutch
par Jean-François Pousse
Entre mutation et écologie, la stratégie de réparation de territoires néerlandais, en friche ou à renaturer, se développe sur plusieurs fronts. Des berges de la Meuse autour de Rotterdam aux polders du Flevoland en passant par l'île d'Utopia à Almere, la relation à l'eau est un thème inépuisable.

Les cicatrices du mur de Berlin
par Sebastian Redecke
Au moment où l'exposition “Le mur de Berlin. Un monde divisé” (à la Cité de l'architecture et du patrimoine, jusqu'au 28 septembre) nous replonge dans l'histoire du plus grand symbole de la guerre froide, un critique d'architecture berlinois scrute les traces de cette construction qui a rompu pendant 28 ans avec l'idée même d'espace public. Retour sur des transformations urbaines qui ont fait débat. Des fractures demeurent.

Coloco vs Raumlabor : activateurs de l'espace
par Rafaël Magrou
“Coloco vs Raumlabor”, soit la rencontre de deux collectifs dans un “Duo et débats” de la Plateforme de la création architecturale à la Cité, de juin 2017 à janvier 2018. Entre Paris et Berlin, oeuvrant sur l'éphémère ou pour la durée, ces “activistes urbains” soucieux du sociétal partagent une certaine conception de l'espace public.[-]
Archiscopie 40 - avril 2025
Éditorial
L'espace public, lieu de tous les possibles ? - Dans la fabrique de la ville, il tient une place majeure. Projet de société autant que projet urbain, l'espace public, dont la notion est aussi bien politique que physique, est quelque peu fragilisé dans le monde contemporain, privatisé de plus en plus, menacé par le terrorisme, touché par le surtourisme…

Qu'en est-il dès lors des valeurs de l'espace public ? ...[+]

ESPACE PUBLIC ; ESPACE VERT ; VEGETALISATION ; CLIMATISATION ; Espaces traversés ; Espaces partagés ; Espace critique

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y

Archiscopie - 39 janv. 2025 - Lieux de commerce | Archiscopie 14/10/2025 H

Sommaire de revue

- n° 39 janv. 2025 - 128 p.
Archiscopie 39 - janvier 2025
Éditorial
Au bonheur des villes ? - Nouvelle année, nouvelle maquette ! Archiscopie fait peau neuve mais poursuit son exploration des thèmes contemporains : dans cette édition le commerce, en quête d'expérience consommateur…

À l'heure où le nouvel espace du commerce a trouvé sa place dans l'immensité de l'Internet, les lieux dédiés sont en pleine mutation. Que vont devenir les grands magasins, modèles du XIXe siècle ? Et les centres commerciaux, modèles des années 1970 ?
Dans un domaine où l'anglicisme est roi (retail, outlet, Black Friday…), le shopping, partie intégrante de la ville générique, est un grand fournisseur de junkspace. Et les zones de chalandise particulières que sont les entrées de ville sont très impactées par l'accumulation de boîtes et autres hangars ; rien à voir avec le hangar décoré de Robert Venturi… On ne peut alors oublier le travail de Claude Parent dans ce registre dont le centre commercial de Sens, icône brutaliste de la fonction oblique, a été inscrit sur la liste des monuments historiques quarante ans après, en 2011 ! On se souvient également de l'expérience du maire de Nîmes qui, simultanément au Carré d'art et aux logements de Nemausus, avait demandé aux architectes de donner une cohérence à la zone d'activité en périphérie renommée “Ville active”. Bien plus tard, on a vu le maire d'Angers accueillir en limite de sa ville une ellipse esthétique : l'Atoll construit par Vincent Parreira et Antonio Virga. Les choses ne sont donc pas inéluctables et “la ville émergente” n'est pas forcément synonyme d'informalité et de laideur. On a bien regardé aussi comment, après avoir dessiné le centre commercial Bercy 2 dans la courbe des infrastructures, aux portes de Paris, Renzo Piano s'est ingénié à concevoir un ensemble commercial et de loisirs comme un cratère au pied du Vésuve.
Depuis les marchés de Trajan à Rome ou le bazar d'Istanbul, on sait comment le commerce participe à la transformation de la ville et à son animation. Le Selfridges de Future Systems en est l'un des flamboyants exemples dans l'hypercentre de Birmingham en Angleterre. Autre symbole de la métamorphose, de Berlin cette fois, l'immeuble des Galeries Lafayette, qui avait marqué en 1996 le renouveau de la Friedrichstraße, a fermé ses portes fin juillet dernier. Que va devenir ce palais de verre de Jean Nouvel avec son double cône intérieur ? On s'inquiète. Dans le même temps, pour le même groupe à Annecy, Manuelle Gautrand est entrée dans la dynamique des cercles pour revisiter un magasin des années 1970.
L'exposition “La Saga des grands magasins, de 1850 à nos jours”, présentée jusqu'au 6 avril à la Cité, retrace l'histoire de ce concept qui a inspiré Zola en son temps. Mais depuis Au Bonheur des Dames et les grandes heures du Bon Marché, le commerce a pris bien des formes différentes, au cœur du patrimoine urbain avec les concept stores et les emporiums de luxe, mais aussi loin des centres-villes sur les plateformes aéroportuaires, avec leurs parcours obligés du duty free… La mobilité attire inlassablement le commerce, d'où la transformation aujourd'hui des gares en malls. Architecture et design y retrouvent parfois leur compte.
Francis Rambert

Parution le 24 février



SOMMAIRE


LE THÈME



Quand le commerce façonne la ville
par Philippe Trétiack
Le commerce n'est plus ce qu'il était. Entre “expérience shopping”, e-commerce, cœurs de ville aux rues sinistrées et patrimoine réinvesti par les marchands du temple, la grande mutation de la consommation est en marche. Que la ville en soit transformée, c'est une certitude, mais comment et jusqu'où ?

Dans l'empire du mall
par Jean-Philippe Hugron
Les centres commerciaux, architectures sans architectes ? Pas vraiment. Oubliés des revues, certains de ces ensembles sont l'objet d'attentions singulières. Pour autant, ils sont méconnus. Leur histoire a pour origine une forme développée par l'architecte américain Victor Gruen. Elle est aussi marquée de réalisations signées Jon Jerde ou Frank Gehry, où le merveilleux côtoie le spectaculaire. Et aujourd'hui ?

Histoire récente des grands magasins outre-Rhin
par Kaye Geipel
En Allemagne, on assiste depuis vingt ans au déclin des grands magasins. Dernière fermeture en date, les Galeries Lafayette à Berlin, œuvre de Jean Nouvel. Si l'impact de ce processus, qui semble inéluctable, a des conséquences sur les centres-villes, cela n'empêche pas la restructuration des bâtiments existants comme le KaDeWe, récemment transformé par OMA dans la capitale allemande. Ni l'émergence de tiers-lieux.

Le paysage du commerce au-delà des Pyrénées
par Ivan Blasi
Si le premier centre commercial d'Espagne a été construit près de Barcelone en 1980, le plus grand s'est ouvert à Saragosse, en 2007. Et tandis que les magasins réinvestissent d'anciens bâtiments au centre-ville, jusqu'à s'installer dans des arènes, certains nouveaux aménagements en périphérie paraissent reléguer au second plan les préoccupations environnementales. Mais qu'en est-il du débat sur l'architecture de ce type de lieu ?

Le marché, architecture populaire par essence
par Francis Rambert
Au cœur d'une petite ville comme dans la métropole, le marché agit comme un attracteur. Au-delà de la question du mode constructif de la halle, c'est l'évolution de ce type d'équipement qui interroge. De nouveaux concepts, souvent hybrides, apparaissent alors.

Au cœur du Triangle d'or, l'indémodable avenue Montaigne
par Christine Desmoulins
Pour les fashionistas de la jet-set et les grands noms du monde entier, l'avenue Montaigne, temple parisien de la mode et du luxe, est une destination internationale incontournable où les marques articulent mode, architecture et architecture d'intérieur pour afficher leur identité et leurs stratégies commerciales. Et si elle était à elle seule le plus grand magasin de la capitale ?

D'un hypercentre métropolitain aux portes de la ruralité
par Gabriel Ehret
C'est depuis l'hypercentre d'une métropole millionnaire en habitants jusqu'aux franges du Dauphiné agricole que nous mène ce tour des centres commerciaux. Westfield La Part-Dieu à Lyon, Steel à Saint-Étienne, The Village à Villefontaine : ces trois équipements, aux stratégies marchandes divergentes, participent chacun d'une façon bien particulière à une mutation urbanistique.

2001, l'odyssée du (e-)commerce
par Achille Bourdon et Lucie Jouannard (Syvil architectures)
En 2001, l'économiste Alain Rallet publiait “Commerce électronique et localisation urbaine des activités commerciales” dans un numéro hors-série de la Revue économique consacré à l'économie de l'Internet. Alors que le mot “e-commerce” n'existait pas encore, il anticipait la dimension spatiale de la révolution commerciale à venir à travers trois scénarios prospectifs. Vingt ans plus tard, son approche nous éclaire sur les dynamiques en cours. Un regard particulièrement bienvenu à l'heure où l'ANCT lance un grand plan de transformation des zones commerciales.

Le Goum : éclat commercial, style national et innovations structurelles
par Fabien Bellat
Contemporain de la tour Eiffel, le Goum moscovite est une référence de l'architecture commerciale en Russie. Inauguré par le tsar en 1893, cet ensemble composé de quatre galeries parallèles selon les plans d'Aleksandr Pomerantsev a connu bien des vicissitudes. Transformé en bureaux après la Révolution de 1917, il a été ensuite menacé par des projets constructivistes. Entrons sous la grande verrière.

Des écrins et des phares : les grands magasins au cinéma
par Joachim Lepastier
Cela fait plus d'un siècle que la figure du grand magasin est constamment revisitée par le cinéma. De l'intérieur ou de l'extérieur, du côté de la clientèle ou du personnel, à hauteur de comptoir ou avec un regard émerveillé sur les vitrines, l'arpentage de ces monuments du commerce interroge, parfois non sans mélancolie, les notions de confort et d'opulence de chaque époque.

À l'heure du shopping, 1799-2025 - Repères chronologiques
par Christine Carboni




L'ENTRETIEN



Andrés Jaque
“L'architecture est en grande partie une discipline d'activiste”
Propos recueillis par Francis Rambert
Tête chercheuse depuis toujours, activiste à sa manière, Andrés Jaque s'est tout de suite distingué de l'école constructive espagnole en pratiquant l'architecture d'une façon plus transversale. En intitulant son agence, en 2003, Office for Political Innovation (dit Offpolinn), il a donné d'emblée le ton de ses interventions d'architecte : engagé et prospectif. Une approche culturelle et sociale qu'il développe sur tous types de programmes à l'heure de la transition écologique. S'intéressant moins aux objets qu'aux modes de vie, il les a intégrés très vite dans ses premiers projets comme le montrent Mousse City, une typologie de logements partagés pour le site de Stavanger en Norvège dans le cadre du concours Europan 7 (2003), le Tupperhome, un catalogue d'éléments préfabriqués pour aménager de petits logements (2006), ou encore son prototype de cohabitation Rolling House for the Rolling Society (2009). Héritier de la Movida, il exprime souvent ses idées par des installations-manifestes et des performances dans des biennales ou des centres d'art. Et il aime aussi détourner de leur usage premier des structures mobiles, en l'occurrence utilisées en milieu rural, pour les installer en ville sur l'espace public. Le dispositif Escaravox créé en 2012 sur le site du Matadero, haut lieu culturel à Madrid, ou Cosmo, réflexion artistique et écologique sur l'eau et la pollution, au MoMA PS1 à New York en 2015, en sont la preuve. Autant de joyeuses interfaces porteuses de messages. Depuis, le Colegio Reggio construit dans la périphérie de Madrid, projet expérimental croisant pédagogie et écologie, a reçu de nombreux prix, ce qui consolide la reconnaissance internationale de l'architecte madrilène. Une reconnaissance confirmée d'ailleurs par sa nomination comme Dean pour l'architecture à l'université Columbia à New York. Après l'installation Xholobeni Yards à la Biennale d'architecture de Venise en 2023, révélant que le titane qui fait briller les buildings new-yorkais cause des ravages en Afrique, on attend sa contribution (autour de la pierre cette fois) à la prochaine Biennale organisée par Carlo Ratti sur le thème “Intelligens”.



L'ESPACE CRITIQUE


Tendance
La coursive et le vélo-cargo
par Richard Scoffier
Revenons sur la coursive, très en vogue aujourd'hui après avoir été longtemps boudée par les maîtres d'ouvrage qui n'aimaient guère son ambiguïté, son caractère à la fois privé et public difficile à gérer.

Quand l'architecture sublime l'infrastructure
par Sophie Trelcat
En périphérie de Rennes, le parc relais à Cesson-Sévigné, qui invite les habitants à gagner leur destination en métro ou en bus, n'est pas qu'un parking silo. Jouxtant la station de métro, il intègre une gare routière au cœur de sa structure de béton. Opportunité pour les ateliers O-S architectes de faire de cet équipement une véritable architecture au service de la mobilité.

Aires Mateus vs CAB : une culture, deux approches
par Dominique Boudet
Inauguré en 2015 avec TVK vs RAAF, le cycle “Duos” de la Plateforme de la création architecturale confronte idées et pratiques de deux agences choisies dans l'espace européen sous la forme d'une installation-débat. En 2017, avec Aires Mateus et CAB, c'était l'espace vs la structure. Quand le Portugal rencontre la France…

En Géorgie, la Biennale d'architecture de Tbilissi entre en résistance
par Océane Ragoucy
Créée en 2017, la Biennale d'architecture de Tlibissi, dans son édition 2024, pose la question des infrastructures et des enjeux écologiques. Sans oublier le conflit ukrainien et la destruction d'un barrage, elle nous interpelle notamment sur l'extraction énergétique à la lumière d'un site en Svanétie. Entre exploitation de la nature et écosystème oublié.[-]
Archiscopie 39 - janvier 2025
Éditorial
Au bonheur des villes ? - Nouvelle année, nouvelle maquette ! Archiscopie fait peau neuve mais poursuit son exploration des thèmes contemporains : dans cette édition le commerce, en quête d'expérience consommateur…

À l'heure où le nouvel espace du commerce a trouvé sa place dans l'immensité de l'Internet, les lieux dédiés sont en pleine mutation. Que vont devenir les grands magasins, modèles du XIXe ...[+]

COMMERCE ; INFRASTRUCTURE DE TRANSPORT

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y
- n° 2024 - 129 p.
Bibliothèque, médiathèque, learning center…, le dossier thématique se penche sur un programme des plus excitants pour un architecte. Ce sujet éminemment spatial, entre géométrie et typologie, interroge aussi, au-delà de l'édifice et dans la durée, nos rapports à la connaissance. Au sommaire également, un entretien avec Pierre-Antoine Gatier architecte en chef des monuments historiques, un billet sur les cheminées, des critiques de bâtiment (extension de la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence, Silvio d'Ascia arch. ; logements à Paris, Ignacio Prego et Thibaud Babled arch.), un hommage à Paul Chemetov et une bibliographie recensant une cinquantaine d'ouvrages en français.[-]
Bibliothèque, médiathèque, learning center…, le dossier thématique se penche sur un programme des plus excitants pour un architecte. Ce sujet éminemment spatial, entre géométrie et typologie, interroge aussi, au-delà de l'édifice et dans la durée, nos rapports à la connaissance. Au sommaire également, un entretien avec Pierre-Antoine Gatier architecte en chef des monuments historiques, un billet sur les cheminées, des critiques de bâtiment ...[+]

BIBLIOTHEQUE ; MEDIATHEQUE ; MONUMENT HISTORIQUE ; LOGEMENT

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y

Archiscopie - Mobilité et métropole | Archiscopie 22/04/2024 H

Sommaire de revue

- n° 34 - 128 p.
Dans les transports en commun, qu'ils soient aériens, en surface ou souterrains, l'outil numérique les transporte ailleurs. L'écran a remplacé la fenêtre et le hublot.
La mobilité convoque régulièrement la modernité. Après l'arrivée du chemin de fer qui, au XIXe siècle, a modifié la notion de porte de ville en rapprochant celle-ci du cœur de la cité avec les gares, le XXe siècle a accéléré les choses avec l'arrivée de l'avion, développant les hubs et autres malls d'aéroports. Visions utopiques ou projets construits, l'architecture joue là pleinement son rôle. Des dessins du jeune Antonio Sant'Elia pour une città nuova, en 1914, à la Lower Manhattan Expressway imaginé en 1970 par Paul Rudolph en passant par les mégastructures des métabolistes japonais dans les années 1960, la mobilité inspire sans cesse et pousse à aller plus loin dans la recherche de nouveaux concepts. Jusqu'à Christian de Portzamparc qui imagina, lors de la consultation internationale pour le Grand Paris en 2008, un nouveau métro aérien greffé en superstructure sur l'anneau du Périphérique. C'est dans la complexité de la ville que se joue la maîtrise des flux.
S'agissant du métro, si les architectes ont laissé leur empreinte sur les réseaux (Hector Guimard à Paris, Otto Wagner à Vienne, Harry Weese à Washington, Norman Foster à Bilbao…), ce sont les tunneliers géants des ingénieurs qui ont œuvré dans les strates de la ville devenue métropole. Ces engins qui, hier, ont réussi la percée du tunnel sous la Manche s'activent aujourd'hui dans les sous-sols de la périphérie parisienne pour construire le réseau du Grand Paris Express d'ici à 2030. Avec ses 200 kilomètres de lignes et ses 36 milliards d'euros d'investissements, ce plus grand chantier d'Europe, qui a déjà remporté le prix d'urbanisme de l'université Harvard, va sans nul doute changer la vie des dix millions de Franciliens qui habitent autour de Paris.
Depuis la profondeur jusqu'à la surface, la prouesse technique se double d'un défi architectural car il s'agit de créer de véritables lieux articulés avec l'espace public. Soixante-huit gares à terme, autant de quartiers de gare en perspective, autant de débats parfois clivants sur le devenir des périphéries. Entre rééquilibrage et résilience, la ville se cherche une issue de secours dans le tissu existant.
Autant d'enjeux mis en lumière par l'exposition “Métro ! Le Grand Paris en mouvement”, présentée dès novembre à la Cité de l'architecture et du patrimoine et accompagnée d'un cycle de conférences et de débats pendant six mois. Rappelons-nous que pour la première fois, en 1934, le Métropolitain sortait de Paris, par la ligne 9, pour rejoindre Boulogne-Billancourt. Aujourd'hui, la double boucle du Grand Paris Express se déploie autour de la capitale : un véritable changement d'échelle et de paradigme. Une nouvelle carte mentale se dessine.[-]
Dans les transports en commun, qu'ils soient aériens, en surface ou souterrains, l'outil numérique les transporte ailleurs. L'écran a remplacé la fenêtre et le hublot.
La mobilité convoque régulièrement la modernité. Après l'arrivée du chemin de fer qui, au XIXe siècle, a modifié la notion de porte de ville en rapprochant celle-ci du cœur de la cité avec les gares, le XXe siècle a accéléré les choses avec l'arrivée de l'avion, développant les ...[+]

METRO ; GRAND PARIS ; 75 PARIS ; METROPOLE ; MOBILITE

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y

Archiscopie - La ruine, espace de création | Archiscopie 15/04/2024 H

Sommaire de revue

- n° 36 - 128 p.
La ruine ne laisse personne de marbre ! Qu'ils soient architectes, paysagistes, artistes ou cinéastes, les créateurs interrogent les vestiges du temps et de l'histoire dans un dialogue perpétuel avec le monde présent, futur et imaginaire, entre fascination, mémoire, sacralisation et obsolescence. Archiscopie n° 36 présente leurs multiples points de vue, de la France au Japon en passant par l'Espagne.
Au sommaire également, un entretien avec l'architecte Benedetta Tagliabue, un billet sur “le petit coin”, des articles sur les autoroutes, le collège Anne-Frank à Antony (Mars arch.), la saline royale à Arc-et-Senans (Mayot & Toussaint paysagistes), des hommages à Frédéric Edelmann et Pierre Fauroux, une bibliographie recensant une cinquantaine d'ouvrages en français.[-]
La ruine ne laisse personne de marbre ! Qu'ils soient architectes, paysagistes, artistes ou cinéastes, les créateurs interrogent les vestiges du temps et de l'histoire dans un dialogue perpétuel avec le monde présent, futur et imaginaire, entre fascination, mémoire, sacralisation et obsolescence. Archiscopie n° 36 présente leurs multiples points de vue, de la France au Japon en passant par l'Espagne.
Au sommaire également, un entretien avec ...[+]

RUINE ; CREATION ARTISTIQUE ; HISTOIRE ; TAGLIABUE (BENEDETTA)

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y

Archiscopie - Exposer l'architecture | Archiscopie 08/04/2024 H

Sommaire de revue

- n° 35 - 128 p.
Exposer l'architecture

ARCHITECTURE ; EXPOSITION

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y
- n° 32 mars. 2023 - 128
N° 32 d'
Archiscopie,
mars 2023
Thème : “La lumière comme matière”

À l'heure de la crise environnementale et de la transition énergétique, la question de la lumière - qu'elle soit naturelle ou artificielle – impose à celles et ceux qui conçoivent des dispositifs la faisant entrer dans l'architecture et dans l'espace public de repenser leur manière de faire. Parmi les sujets traités dans ce dossier : une historique sur les enjeux de l'éclairage artificielle et ses enjeux, des analyses de bâtiments (Lilitt Bollinger Studio, Alvar Aalto, Récita, Freaks…), le concept de transparence chez Jean Baudrillard ou encore la tour Lumière Cybernétique de Nicolas Schöffer. Également au sommaire : un entretien avec Yann Kersalé, des édifices culturels à Taiwan, le siège de l'AP-HP à Paris (ChartierDalix), ainsi que l'habituelle Bibliographie, recensant des ouvrages en français récemment parus dans les domaines de l'architecture, de la ville et du paysage.

[-]
N° 32 d'
Archiscopie,
mars 2023
Thème : “La lumière comme matière”

À l'heure de la crise environnementale et de la transition énergétique, la question de la lumière - qu'elle soit naturelle ou artificielle – impose à celles et ceux qui conçoivent des dispositifs la faisant entrer dans l'architecture et dans l'espace public de repenser leur manière de faire. Parmi les sujets traités dans ce dossier : une historique sur les enjeux de l'éclairage ...[+]

LUMIERE

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y
- n° N°31 oct. 2022 - 128 p.
Thème : “Apprendre l'architecture”

“Apprendre l'architecture”, mais apprendre quoi au juste, et comment, dans une société confrontée aux crises énergétique, climatique, démographique, de biodiversité ? Faut-il encore construire ? L'expérientiel à échelle 1, la ville inclusive, la transformation plutôt que la destruction, des supports non académiques mais formateurs… sont quelques-uns des thèmes développés. Au sommaire également : un entretien avec l'architecte danoise Dorte Mandrup, des articles sur : le campus Nation de la Sorbonne nouvelle (Ch. de Portzamparc arch.), le Quai M (Compagnie architecture), le designer industriel Raymond Loewy… Ainsi que l'habituelle Bibliographie, recensant des ouvrages en français récemment parus dans les domaines de l'architecture, de la ville et du paysage.



Les quatre séquences de la revue
Le thème – un dossier qui traite d'un sujet d'actualité sous divers angles
L'entretien – une conversation avec un acteur ou autre penseur de la ville contemporaine
L'espace critique – des critiques de bâtiments, de livres ou de cinéma, introduites par l'analyse d'une tendance de fond
Bibliographie – recension d'une large sélection de livres récemment parus en langue française.[-]
Thème : “Apprendre l'architecture”

“Apprendre l'architecture”, mais apprendre quoi au juste, et comment, dans une société confrontée aux crises énergétique, climatique, démographique, de biodiversité ? Faut-il encore construire ? L'expérientiel à échelle 1, la ville inclusive, la transformation plutôt que la destruction, des supports non académiques mais formateurs… sont quelques-uns des thèmes développés. Au sommaire également : un entretien ...[+]

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y
- n° 30 juil. 2022 - 128
Archiscopie 30 - juillet 2022
Éditorial
La ruralité, une source intarissable - La crise sanitaire a changé la donne. Les cartes du territoire sont rebattues. La métropole, bassin d'emploi par excellence, n'est plus le seul attracteur, il y a comme un regain d'intérêt pour la campagne.

La ruralité fleure bon l'urbanité. “La tendance porteuse de grandes métropoles est sans doute derrière nous”, analyse dès fin 2020 Jérôme Fourquet, le directeur du département Opinion à l'IFOP, prévoyant qu'“une hiérarchie darwinienne entre les villes moyennes va se mettre en place”. Si 87 % des Français estiment préférable d'habiter dans ces villes, 16 % de ceux qui vivent dans les grandes villes sont attirés par des petites cités1. Forte de l'appui des nouvelles technologies, la jeune génération d'actifs (plus que jamais télétravailleurs) n'hésite plus à quitter la ville pour trouver un cadre de vie plus équilibré, plus proche de la nature. Pour autant, on ne peut pas dire que l'on assiste à un exode urbain à proprement parler. C'est ce que confirment les premiers résultats d'une étude pilotée conjointement par le PUCA et le Réseau rural français, évoquant un double malentendu2. Et l'on voit poindre une “greentrification”.
La ruralité ne saurait être un nouveau sujet pour l'architecture, tant les archétypes sont nombreux au milieu des champs, comme dans les vallées alpines ou le long des côtes. On se souvient notamment de la maison construite dans le Sud-Ouest en 2000 par Lacaton & Vassal, à Coutras, réutilisation d'un modèle de production agricole : la serre. Être en symbiose avec le milieu, en phase avec le contexte, c'est l'idée-force quel que soit le territoire. L'architecture de la disparition est ainsi un thème récurrent dans le paysage. La maison encastrée par Future Systems dans la lande des Cornouailles au Royaume-Uni, le chai de RCR enterré sur les hauteurs de Palamós en Catalogne, et bientôt celui de Carme Pinós dans le vignoble de Ribera del Duero, nous confirment cette tendance à faire corps avec la nature. Et l'on connaît le travail très juste, sur un lac ou en fond de vallée, des frères Janin, ce duo d'architecte et paysagiste issu du monde agricole, ou celui du quatuor d'Orma qui distille si bien le contemporain dans le patrimoine corse. Car l'enjeu est d'être bien dans le lieu.
La ruralité favorise par ailleurs l'émergence de typologies hybrides comme la maison-hangar agricole de Guillaume Ramillien et Jean-Christophe Quinton en Normandie, ou le chai-maison agrémenté de chambres d'hôtes dans le vignoble mosellan, d'après un concept de Gens. Re-questionner les modèles, réinvestir les cœurs de village est dans la logique des choses. Ainsi Anna Chavepayre, qui a fait ses armes dans de grandes agences internationales avant de créer son propre atelier sous forme d'un collectif, a finalement choisi de s'implanter au pied des Pyrénées. Militant pour une ruralité réinventée, cette Suédoise d'origine voit le Béarn comme “un nouveau Berlin”, une façon de souligner le large champ d'intervention au service des modes de vie locaux. Oui, la ruralité est source de projets.

1 – “Baromètre sur l'attractivité des villes moyennes”, juillet 2021.
2 – “Exode urbain ? Petits flux, grands effets. Les mobilités résidentielles à l'ère (post-)Covid”,
cf. .

Francis Rambert



SOMMAIRE


LE THÈME



La ruralité, nouvel eldorado ?
par Christine Desmoulins
L'architecture contribue à valoriser les territoires ruraux, et de multiples acteurs s'écartent des ornières qui mènent à l'abandon, grâce à des programmes et des opérations bien ancrés. Depuis notre premier dossier sur ce thème il y a trois ans, les gilets jaunes ont transformé les ronds-points en places de village protestataires et le Covid-19 a mis en vogue un certain retour vers les campagnes. Rurbains ou pas, les habitants profitent de ces nouveaux équipements.

Terres. La fin des géorgiques
par Mathieu Mercuriali
Synonyme de “nature” pour beaucoup, la ruralité est devenue pour certains citadins une possibilité de s'engager dans une nouvelle vie, en télétravail ou en reconversion professionnelle, au plus près de la terre. Architectes et urbanistes doivent en mesurer les enjeux, qu'il s'agisse de la préservation des sols et des espaces naturels ou de l'organisation des infrastructures et de l'habitat car, in fine, campagnes et villes doivent faire partie commune dans la transition écologique.

Voisins de clocher dans les Alpes
par Dominique Amouroux
Inutile de rechercher dans l'espace rural savoyard l'équivalent du chai “griffé”, ce bijou contemporain des viticulteurs : le carcan du vernaculaire y a durablement asservi la création. Mais peu à peu, cette cuticule se déchire. Elle laisse percer une métamorphose où l'architecture exprime l'usage multiforme de territoires fortement caractérisés par leur topographie.

Sur les sentiers de l'expérimentation
par Gabriel Ehret
Implantée à Paris et également à Voiron dans l'Isère, l'agence png, lauréate des AJAP en 2014, s'est attachée depuis à intervenir dans les collectivités rurales, celles de l'arc alpin notamment. L'approche low-tech de leurs solutions environnementales, liée à une expérimentation constructive, est très appréciée. La relation au paysage comme au patrimoine est de facto au cœur de leur démarche.

En verre et pour tous
par Christine Desmoulins
En Lorraine, la mutation du Site verrier de Meisenthal, opérée par SO-IL et Freaks, assure le renouveau du village. La détermination d'un groupe d'enfants du pays soutenus par la communauté de communes du Pays de Bitche a débouché sur un programme original et une stratégie de développement qui puise aux sources d'un lieu où Émile Gallé, maître de l'Art nouveau, fit ses premières expériences.

Trois en un
par Francis Rambert
En Moselle, au domaine Les Béliers, la construction d'un chai à flanc de coteau fut l'occasion pour les architectes de l'agence Gens de réunir trois fonctions - produire, résider, accueillir - dans une même figure linéaire. Une inscription contemporaine dans le paysage rural, réglée par l'économie de moyens.

Reconstruire entre dogmes et blocages
par Philippe Trétiack
En zone rurale aussi, les aléas climatiques font des ravages à grande échelle. On se souvient de la catastrophe qui, au moment de la tempête Alex, a gravement sinistré plusieurs vallées de l'arrière-pays des Alpes Maritimes au début du mois d'octobre 2020. Fort de son expérience à Romorantin, petite ville du Loir-et-Cher qui, en juin 2016, a connu la pire crue de son histoire, l'architecte Éric Daniel-Lacombe est devenu un expert en matière de prévention des risques aquatiques. Une affaire de stratégie.

L'approche rurale dans la conception
par Ivan Blasi
Dans la péninsule Ibérique, où l'on parle aujourd'hui d'une Espagne “vidée”, de nombreuses interventions architecturales réalisées en milieu rural depuis les années 1990 sont venues enrichir les territoires. Cette production hors du champ métropolitain combine création contemporaine et valorisation du patrimoine. Architecture rime alors avec agriculture et viticulture, et, bien sûr, avec culture.

Le Japon, un rapport à la nature en déliquescence
par Cécile Asanuma-Brice
Intégrer la nature à l'urbain, cela paraît incontournable à l'échelle de la capitale japonaise avec ses 39 millions d'habitants, qui doit par ailleurs lutter contre les îlots de chaleur. Si l'on semble loin d'arriver à cet équilibre, quelques opérations, entre écoquartier et colline verte, tentent de proposer des modèles plus verts pour une nouvelle urbanité. Et les toits de parkings publics peuvent aussi faire l'affaire dans un processus de revégétalisation.

Le kolkhoze en cause
par Fabien Bellat
Au début de l'ère soviétique, il s'agissait de gérer la production agraire. Issus de regroupements de villages dans les années 1920, les kolkhozes et autres sovkhozes forment une nouvelle typologie de fermes collectives mises en place par Staline. Peu efficaces et fabriquant une ruralité carcérale, elles ont montré les limites de l'agriculture collectiviste. Khrouchtchev essaiera pour sa part de moderniser les stations de machines et de tracteurs. Le sujet inspira un film à Eisenstein, La Ligne générale.

Une culture de la ruralité - Repères chronologiques, 1935-2022
par Christine Carboni




L'ENTRETIEN



CARME PINOS
“L'architecture offre un art de vivre”
Propos recueillis par Francis Rambert
L'Espagne vient de lui décerner son prix national d'architecture. Très attachée à la conception par le dessin et la maquette, Carme Pinós a fait de son studio sa famille, et de son métier sa vie. Sans se dire urbaniste pour autant, elle travaille depuis une trentaine d'années sur la relation de l'architecture à la ville. Elle a commencé son parcours avec Enric Miralles (1955-2000), cosignant avec lui le cimetière d'Igualada, référence en la matière, et aime à utiliser la géométrie, comme le jeu structurel, pour inscrire ses bâtiments dans leur contexte. Tandis qu'à Barcelone elle a remodelé la place de la Gardunya en articulant deux bâtiments à l'arrière du marché de la Boqueria, à Saragosse la CaixaForum joue désormais son rôle d'attracteur dans un parc urbain. Mais son œuvre ne se limite pas à la péninsule Ibérique ; l'architecte a réalisé le MPavilion 2018 dans un parc à Melbourne, un bâtiment universitaire sur le campus WU à Vienne et plusieurs ouvrages au Mexique, dont deux tours de bureaux à Guadalajara. Si la ville est son sujet de prédilection, elle, qui a beaucoup vécu à la campagne dans sa jeunesse, est par ailleurs très sensible à la relation au paysage ; l'extension d'un hôtel sur l'île de Majorque et le futur chai dans la région viticole de Ribera del Duero le prouvent. Autant d'opportunités de développer des “scénarios pour la vie”.



L'ESPACE CRITIQUE


Tendance
Dans les jupes de maman
par Richard Scoffier
Non, les rideaux n'envahissent pas seulement nos espaces habitables pour contrôler la luminosité ou mettre le monde extérieur à distance. C'est aussi une survivance de notre vie nomade quand, avant de nous sédentariser et de nous urbaniser, nous parcourions les steppes dans des tentes.

Au service du 7e art
par Sophie Trelcat
À Cannes, le campus Georges-Méliès, dédié bien sûr au cinéma et plus généralement à l'image, marque l'une des entrées de la ville. En écho à la minéralité du paysage environnant, cette architecture sculpturale et bien rythmée de béton blanc favorise le brassage de ses utilisateurs. À commencer par le millier d'étudiants qui croisent les salariés et autres start-up du monde de l'audiovisuel.

Greffe dans le paysage des sheds
par Francis Rambert
Sévèrement menacé hier, l'atelier 57 Métal, bâtiment livré en 1984 à Boulogne-Billancourt par Claude Vasconi du temps de la Régie Renault, a trouvé aujourd'hui son salut dans une transformation. Une opération complexe menée à bien, pour le compte de BNPPI, par Dominique Perrault qui en a fait, plus qu'un siège social, un démonstrateur. L'ensemble tertiaire et hybride s'ouvre ainsi sur le quartier du Trapèze, qui achève sa mutation.

Les matériaux de construction, de la production à la mise en œuvre
par Guy Lambert
Maintes recherches historiques sur les matériaux croisent les préoccupations actuelles des concepteurs et des constructeurs en ce qui concerne les filières productives, les vertus de la proximité et l'idée d'économie globale. Deux livres en particulier en témoignent, un manuel sur la pierre et un ouvrage collectif sur le métal au XIXe siècle.
• François Blary et Jean-Pierre Gély, Pierres de construction. De la carrière au bâtiment…, Paris, CTHS, coll. Orientations et méthodes, 2020.
• Matteo Porrino (dir.), Les Matériaux métalliques. Histoire d'une technique et sauvegarde du patrimoine du 19e siècle, coll. Archigraphy poche, Genève, Infolio, 2021.

Terres agricoles sous pression
par Rémi Guinard
En lisière métropolitaine, la consommation des terres agricoles ne cesse guère. Cette mutation des territoires ruraux, déjà impactés par le passage des lignes à haute tension et autres éoliennes, transparaît au cinéma sur différentes scènes. Près de Paris avec EuropaCity, plus loin en Turquie ou en Papouasie. Autant d'exemples qui confirment la fragilité de la ruralité.
• L'Horizon, film d'Émilie Carpentier (Fr., 2021, 84').
• Douce France, documentaire de Geoffrey Couanon (Fr., 2020, 95').
• Les Promesses d'Hasan, film de Semih Kaplanoglu (Turquie, 2020, 147'). En salles depuis le 3 août 2022.
• 140 km à l'ouest du paradis, documentaire de Céline Rouzet (Fr., 2022, 86'). En salles le 21 septembre 2022.
Archiscopie 30 - juillet 2022
Éditorial
La ruralité, une source intarissable - La crise sanitaire a changé la donne. Les cartes du territoire sont rebattues. La métropole, bassin d'emploi par excellence, n'est plus le seul attracteur, il y a comme un regain d'intérêt pour la campagne.

La ruralité fleure bon l'urbanité. “La tendance porteuse de grandes métropoles est sans doute derrière nous”, analyse dès fin 2020 Jérôme Fourquet, le directeur du département Opinion à l'IFOP, prévoyant qu'“une hiérarchie darwinienne entre les villes moyennes va se mettre en place”. Si 87 % des Français estiment préférable d'habiter dans ces villes, 16 % de ceux qui vivent dans les grandes villes sont attirés par des petites cités1. Forte de l'appui des nouvelles technologies, la jeune génération d'actifs (plus que jamais télétravailleurs) n'hésite plus à quitter la ville pour trouver un cadre de vie plus équilibré, plus proche de la nature. Pour autant, on ne peut pas dire que l'on assiste à un exode urbain à proprement parler. C'est ce que confirment les premiers résultats d'une étude pilotée conjointement par le PUCA et le Réseau rural français, évoquant un double malentendu2. Et l'on voit poindre une “greentrification”.
La ruralité ne saurait être un nouveau sujet pour l'architecture, tant les archétypes sont nombreux au milieu des champs, comme dans les vallées alpines ou le long des côtes. On se souvient notamment de la maison construite dans le Sud-Ouest en 2000 par Lacaton & Vassal, à Coutras, réutilisation d'un modèle de production agricole : la serre. Être en symbiose avec le milieu, en phase avec le contexte, c'est l'idée-force quel que soit le territoire. L'architecture de la disparition est ainsi un thème récurrent dans le paysage. La maison encastrée par Future Systems dans la lande des Cornouailles au Royaume-Uni, le chai de RCR enterré sur les hauteurs de Palamós en Catalogne, et bientôt celui de Carme Pinós dans le vignoble de Ribera del Duero, nous confirment cette tendance à faire corps avec la nature. Et l'on connaît le travail très juste, sur un lac ou en fond de vallée, des frères Janin, ce duo d'architecte et paysagiste issu du monde agricole, ou celui du quatuor d'Orma qui distille si bien le contemporain dans le patrimoine corse. Car l'enjeu est d'être bien dans le lieu.
La ruralité favorise par ailleurs l'émergence de typologies hybrides comme la maison-hangar agricole de Guillaume Ramillien et Jean-Christophe Quinton en Normandie, ou le chai-maison agrémenté de chambres d'hôtes dans le vignoble mosellan, d'après un concept de Gens. Re-questionner les modèles, réinvestir les cœurs de village est dans la logique des choses. Ainsi Anna Chavepayre, qui a fait ses armes dans de grandes agences internationales avant de créer son propre atelier sous forme d'un collectif, a finalement choisi de s'implanter au pied des Pyrénées. Militant pour une ruralité réinventée, cette Suédoise d'origine voit le Béarn comme “un nouveau Berlin”, une façon de souligner le large champ d'intervention au service des modes de vie locaux. Oui, la ruralité est source de projets.

1 – “Baromètre sur l'attractivité des villes moyennes”, juillet 2021.
2 – “Exode urbain ? Petits flux, grands effets. Les mobilités résidentielles à l'ère (post-)Covid”,
cf. .

Francis Rambert



SOMMAIRE


LE THÈME



La ruralité, nouvel eldorado ?
par Christine Desmoulins
L'architecture contribue à valoriser les territoires ruraux, et de multiples acteurs s'écartent des ornières qui mènent à l'abandon, grâce à des programmes et des opérations bien ancrés. Depuis notre premier dossier sur ce thème il y a trois ans, les gilets jaunes ont transformé les ronds-points en places de village protestataires et le Covid-19 a mis en vogue un certain retour vers les campagnes. Rurbains ou pas, les habitants profitent de ces nouveaux équipements.

Terres. La fin des géorgiques
par Mathieu Mercuriali
Synonyme de “nature” pour beaucoup, la ruralité est devenue pour certains citadins une possibilité de s'engager dans une nouvelle vie, en télétravail ou en reconversion professionnelle, au plus près de la terre. Architectes et urbanistes doivent en mesurer les enjeux, qu'il s'agisse de la préservation des sols et des espaces naturels ou de l'organisation des infrastructures et de l'habitat car, in fine, campagnes et villes doivent faire partie commune dans la transition écologique.

Voisins de clocher dans les Alpes
par Dominique Amouroux
Inutile de rechercher dans l'espace rural savoyard l'équivalent du chai “griffé”, ce bijou contemporain des viticulteurs : le carcan du vernaculaire y a durablement asservi la création. Mais peu à peu, cette cuticule se déchire. Elle laisse percer une métamorphose où l'architecture exprime l'usage multiforme de territoires fortement caractérisés par leur topographie.

Sur les sentiers de l'expérimentation
par Gabriel Ehret
Implantée à Paris et également à Voiron dans l'Isère, l'agence png, lauréate des AJAP en 2014, s'est attachée depuis à intervenir dans les collectivités rurales, celles de l'arc alpin notamment. L'approche low-tech de leurs solutions environnementales, liée à une expérimentation constructive, est très appréciée. La relation au paysage comme au patrimoine est de facto au cœur de leur démarche.

En verre et pour tous
par Christine Desmoulins
En Lorraine, la mutation du Site verrier de Meisenthal, opérée par SO-IL et Freaks, assure le renouveau du village. La détermination d'un groupe d'enfants du pays soutenus par la communauté de communes du Pays de Bitche a débouché sur un programme original et une stratégie de développement qui puise aux sources d'un lieu où Émile Gallé, maître de l'Art nouveau, fit ses premières expériences.

Trois en un
par Francis Rambert
En Moselle, au domaine Les Béliers, la construction d'un chai à flanc de coteau fut l'occasion pour les architectes de l'agence Gens de réunir trois fonctions - produire, résider, accueillir - dans une même figure linéaire. Une inscription contemporaine dans le paysage rural, réglée par l'économie de moyens.

Reconstruire entre dogmes et blocages
par Philippe Trétiack
En zone rurale aussi, les aléas climatiques font des ravages à grande échelle. On se souvient de la catastrophe qui, au moment de la tempête Alex, a gravement sinistré plusieurs vallées de l'arrière-pays des Alpes Maritimes au début du mois d'octobre 2020. Fort de son expérience à Romorantin, petite ville du Loir-et-Cher qui, en juin 2016, a connu la pire crue de son histoire, l'architecte Éric Daniel-Lacombe est devenu un expert en matière de prévention des risques aquatiques. Une affaire de stratégie.

L'approche rurale dans la conception
par Ivan Blasi
Dans la péninsule Ibérique, où l'on parle aujourd'hui d'une Espagne “vidée”, de nombreuses interventions architecturales réalisées en milieu rural depuis les années 1990 sont venues enrichir les territoires. Cette production hors du champ métropolitain combine création contemporaine et valorisation du patrimoine. Architecture rime alors avec agriculture et viticulture, et, bien sûr, avec culture.

Le Japon, un rapport à la nature en déliquescence
par Cécile Asanuma-Brice
Intégrer la nature à l'urbain, cela paraît incontournable à l'échelle de la capitale japonaise avec ses 39 millions d'habitants, qui doit par ailleurs lutter contre les îlots de chaleur. Si l'on semble loin d'arriver à cet équilibre, quelques opérations, entre écoquartier et colline verte, tentent de proposer des modèles plus verts pour une nouvelle urbanité. Et les toits de parkings publics peuvent aussi faire l'affaire dans un processus de revégétalisation.

Le kolkhoze en cause
par Fabien Bellat
Au début de l'ère soviétique, il s'agissait de gérer la production agraire. Issus de regroupements de villages dans les années 1920, les kolkhozes et autres sovkhozes forment une nouvelle typologie de fermes collectives mises en place par Staline. Peu efficaces et fabriquant une ruralité carcérale, elles ont montré les limites de l'agriculture collectiviste. Khrouchtchev essaiera pour sa part de moderniser les stations de machines et de tracteurs. Le sujet inspira un film à Eisenstein, La Ligne générale.

Une culture de la ruralité - Repères chronologiques, 1935-2022
par Christine Carboni




L'ENTRETIEN



CARME PINOS
“L'architecture offre un art de vivre”
Propos recueillis par Francis Rambert
L'Espagne vient de lui décerner son prix national d'architecture. Très attachée à la conception par le dessin et la maquette, Carme Pinós a fait de son studio sa famille, et de son métier sa vie. Sans se dire urbaniste pour autant, elle travaille depuis une trentaine d'années sur la relation de l'architecture à la ville. Elle a commencé son parcours avec Enric Miralles (1955-2000), cosignant avec lui le cimetière d'Igualada, référence en la matière, et aime à utiliser la géométrie, comme le jeu structurel, pour inscrire ses bâtiments dans leur contexte. Tandis qu'à Barcelone elle a remodelé la place de la Gardunya en articulant deux bâtiments à l'arrière du marché de la Boqueria, à Saragosse la CaixaForum joue désormais son rôle d'attracteur dans un parc urbain. Mais son œuvre ne se limite pas à la péninsule Ibérique ; l'architecte a réalisé le MPavilion 2018 dans un parc à Melbourne, un bâtiment universitaire sur le campus WU à Vienne et plusieurs ouvrages au Mexique, dont deux tours de bureaux à Guadalajara. Si la ville est son sujet de prédilection, elle, qui a beaucoup vécu à la campagne dans sa jeunesse, est par ailleurs très sensible à la relation au paysage ; l'extension d'un hôtel sur l'île de Majorque et le futur chai dans la région viticole de Ribera del Duero le prouvent. Autant d'opportunités de développer des “scénarios pour la vie”.



L'ESPACE CRITIQUE


Tendance
Dans les jupes de maman
par Richard Scoffier
Non, les rideaux n'envahissent pas seulement nos espaces habitables pour contrôler la luminosité ou mettre le monde extérieur à distance. C'est aussi une survivance de notre vie nomade quand, avant de nous sédentariser et de nous urbaniser, nous parcourions les steppes dans des tentes.

Au service du 7e art
par Sophie Trelcat
À Cannes, le campus Georges-Méliès, dédié bien sûr au cinéma et plus généralement à l'image, marque l'une des entrées de la ville. En écho à la minéralité du paysage environnant, cette architecture sculpturale et bien rythmée de béton blanc favorise le brassage de ses utilisateurs. À commencer par le millier d'étudiants qui croisent les salariés et autres start-up du monde de l'audiovisuel.

Greffe dans le paysage des sheds
par Francis Rambert
Sévèrement menacé hier, l'atelier 57 Métal, bâtiment livré en 1984 à Boulogne-Billancourt par Claude Vasconi du temps de la Régie Renault, a trouvé aujourd'hui son salut dans une transformation. Une opération complexe menée à bien, pour le compte de BNPPI, par Dominique Perrault qui en a fait, plus qu'un siège social, un démonstrateur. L'ensemble tertiaire et hybride s'ouvre ainsi sur le quartier du Trapèze, qui achève sa mutation.

Les matériaux de construction, de la production à la mise en œuvre
par Guy Lambert
Maintes recherches historiques sur les matériaux croisent les préoccupations actuelles des concepteurs et des constructeurs en ce qui concerne les filières productives, les vertus de la proximité et l'idée d'économie globale. Deux livres en particulier en témoignent, un manuel sur la pierre et un ouvrage collectif sur le métal au XIXe siècle.
• François Blary et Jean-Pierre Gély, Pierres de construction. De la carrière au bâtiment…, Paris, CTHS, coll. Orientations et méthodes, 2020.
• Matteo Porrino (dir.), Les Matériaux métalliques. Histoire d'une technique et sauvegarde du patrimoine du 19e siècle, coll. Archigraphy poche, Genève, Infolio, 2021.

Terres agricoles sous pression
par Rémi Guinard
En lisière métropolitaine, la consommation des terres agricoles ne cesse guère. Cette mutation des territoires ruraux, déjà impactés par le passage des lignes à haute tension et autres éoliennes, transparaît au cinéma sur différentes scènes. Près de Paris avec EuropaCity, plus loin en Turquie ou en Papouasie. Autant d'exemples qui confirment la fragilité de la ruralité.
• L'Horizon, film d'Émilie Carpentier (Fr., 2021, 84').
• Douce France, documentaire de Geoffrey Couanon (Fr., 2020, 95').
• Les Promesses d'Hasan, film de Semih Kaplanoglu (Turquie, 2020, 147'). En salles depuis le 3 août 2022.
• 140 km à l'ouest du paradis, documentaire de Céline Rouzet (Fr., 2022, 86'). En salles le 21 septembre 2022.

Archiscopie 30 - juillet 2022
Éditorial
La ruralité, une source intarissable - La crise sanitaire a changé la donne. Les cartes du territoire sont rebattues. La métropole, bassin d'emploi par excellence, n'est plus le seul attracteur, il y a comme un regain d'intérêt pour la campagne.

La ruralité fleure bon l'urbanité. “La tendance porteuse de grandes métropoles est sans doute derrière nous”, analyse dès fin 2020 Jérôme Fourquet, le directeur du département Opinion à l'IFOP, prévoyant qu'“une hiérarchie darwinienne entre les villes moyennes va se mettre en place”. Si 87 % des Français estiment préférable d'habiter dans ces villes, 16 % de ceux qui vivent dans les grandes villes sont attirés par des petites cités1. Forte de l'appui des nouvelles technologies, la jeune génération d'actifs (plus que jamais télétravailleurs) n'hésite plus à quitter la ville pour trouver un cadre de vie plus équilibré, plus proche de la nature. Pour autant, on ne peut pas dire que l'on assiste à un exode urbain à proprement parler. C'est ce que confirment les premiers résultats d'une étude pilotée conjointement par le PUCA et le Réseau rural français, évoquant un double malentendu2. Et l'on voit poindre une “greentrification”.
La ruralité ne saurait être un nouveau sujet pour l'architecture, tant les archétypes sont nombreux au milieu des champs, comme dans les vallées alpines ou le long des côtes. On se souvient notamment de la maison construite dans le Sud-Ouest en 2000 par Lacaton & Vassal, à Coutras, réutilisation d'un modèle de production agricole : la serre. Être en symbiose avec le milieu, en phase avec le contexte, c'est l'idée-force quel que soit le territoire. L'architecture de la disparition est ainsi un thème récurrent dans le paysage. La maison encastrée par Future Systems dans la lande des Cornouailles au Royaume-Uni, le chai de RCR enterré sur les hauteurs de Palamós en Catalogne, et bientôt celui de Carme Pinós dans le vignoble de Ribera del Duero, nous confirment cette tendance à faire corps avec la nature. Et l'on connaît le travail très juste, sur un lac ou en fond de vallée, des frères Janin, ce duo d'architecte et paysagiste issu du monde agricole, ou celui du quatuor d'Orma qui distille si bien le contemporain dans le patrimoine corse. Car l'enjeu est d'être bien dans le lieu.
La ruralité favorise par ailleurs l'émergence de typologies hybrides comme la maison-hangar agricole de Guillaume Ramillien et Jean-Christophe Quinton en Normandie, ou le chai-maison agrémenté de chambres d'hôtes dans le vignoble mosellan, d'après un concept de Gens. Re-questionner les modèles, réinvestir les cœurs de village est dans la logique des choses. Ainsi Anna Chavepayre, qui a fait ses armes dans de grandes agences internationales avant de créer son propre atelier sous forme d'un collectif, a finalement choisi de s'implanter au pied des Pyrénées. Militant pour une ruralité réinventée, cette Suédoise d'origine voit le Béarn comme “un nouveau Berlin”, une façon de souligner le large champ d'intervention au service des modes de vie locaux. Oui, la ruralité est source de projets.

1 – “Baromètre sur l'attractivité des villes moyennes”, juillet 2021.
2 – “Exode urbain ? Petits flux, grands effets. Les mobilités résidentielles à l'ère (post-)Covid”,
cf. .

Francis Rambert



SOMMAIRE


LE THÈME



La ruralité, nouvel eldorado ?
par Christine Desmoulins
L'architecture contribue à valoriser les territoires ruraux, et de multiples acteurs s'écartent des ornières qui mènent à l'abandon, grâce à des programmes et des opérations bien ancrés. Depuis notre premier dossier sur ce thème il y a trois ans, les gilets jaunes ont transformé les ronds-points en places de village protestataires et le Covid-19 a mis en vogue un certain retour vers les campagnes. Rurbains ou pas, les habitants profitent de ces nouveaux équipements.

Terres. La fin des géorgiques
par Mathieu Mercuriali
Synonyme de “nature” pour beaucoup, la ruralité est devenue pour certains citadins une possibilité de s'engager dans une nouvelle vie, en télétravail ou en reconversion professionnelle, au plus près de la terre. Architectes et urbanistes doivent en mesurer les enjeux, qu'il s'agisse de la préservation des sols et des espaces naturels ou de l'organisation des infrastructures et de l'habitat car, in fine, campagnes et villes doivent faire partie commune dans la transition écologique.

Voisins de clocher dans les Alpes
par Dominique Amouroux
Inutile de rechercher dans l'espace rural savoyard l'équivalent du chai “griffé”, ce bijou contemporain des viticulteurs : le carcan du vernaculaire y a durablement asservi la création. Mais peu à peu, cette cuticule se déchire. Elle laisse percer une métamorphose où l'architecture exprime l'usage multiforme de territoires fortement caractérisés par leur topographie.

Sur les sentiers de l'expérimentation
par Gabriel Ehret
Implantée à Paris et également à Voiron dans l'Isère, l'agence png, lauréate des AJAP en 2014, s'est attachée depuis à intervenir dans les collectivités rurales, celles de l'arc alpin notamment. L'approche low-tech de leurs solutions environnementales, liée à une expérimentation constructive, est très appréciée. La relation au paysage comme au patrimoine est de facto au cœur de leur démarche.

En verre et pour tous
par Christine Desmoulins
En Lorraine, la mutation du Site verrier de Meisenthal, opérée par SO-IL et Freaks, assure le renouveau du village. La détermination d'un groupe d'enfants du pays soutenus par la communauté de communes du Pays de Bitche a débouché sur un programme original et une stratégie de développement qui puise aux sources d'un lieu où Émile Gallé, maître de l'Art nouveau, fit ses premières expériences.

Trois en un
par Francis Rambert
En Moselle, au domaine Les Béliers, la construction d'un chai à flanc de coteau fut l'occasion pour les architectes de l'agence Gens de réunir trois fonctions - produire, résider, accueillir - dans une même figure linéaire. Une inscription contemporaine dans le paysage rural, réglée par l'économie de moyens.

Reconstruire entre dogmes et blocages
par Philippe Trétiack
En zone rurale aussi, les aléas climatiques font des ravages à grande échelle. On se souvient de la catastrophe qui, au moment de la tempête Alex, a gravement sinistré plusieurs vallées de l'arrière-pays des Alpes Maritimes au début du mois d'octobre 2020. Fort de son expérience à Romorantin, petite ville du Loir-et-Cher qui, en juin 2016, a connu la pire crue de son histoire, l'architecte Éric Daniel-Lacombe est devenu un expert en matière de prévention des risques aquatiques. Une affaire de stratégie.

L'approche rurale dans la conception
par Ivan Blasi
Dans la péninsule Ibérique, où l'on parle aujourd'hui d'une Espagne “vidée”, de nombreuses interventions architecturales réalisées en milieu rural depuis les années 1990 sont venues enrichir les territoires. Cette production hors du champ métropolitain combine création contemporaine et valorisation du patrimoine. Architecture rime alors avec agriculture et viticulture, et, bien sûr, avec culture.

Le Japon, un rapport à la nature en déliquescence
par Cécile Asanuma-Brice
Intégrer la nature à l'urbain, cela paraît incontournable à l'échelle de la capitale japonaise avec ses 39 millions d'habitants, qui doit par ailleurs lutter contre les îlots de chaleur. Si l'on semble loin d'arriver à cet équilibre, quelques opérations, entre écoquartier et colline verte, tentent de proposer des modèles plus verts pour une nouvelle urbanité. Et les toits de parkings publics peuvent aussi faire l'affaire dans un processus de revégétalisation.

Le kolkhoze en cause
par Fabien Bellat
Au début de l'ère soviétique, il s'agissait de gérer la production agraire. Issus de regroupements de villages dans les années 1920, les kolkhozes et autres sovkhozes forment une nouvelle typologie de fermes collectives mises en place par Staline. Peu efficaces et fabriquant une ruralité carcérale, elles ont montré les limites de l'agriculture collectiviste. Khrouchtchev essaiera pour sa part de moderniser les stations de machines et de tracteurs. Le sujet inspira un film à Eisenstein, La Ligne générale.

Une culture de la ruralité - Repères chronologiques, 1935-2022
par Christine Carboni




L'ENTRETIEN



CARME PINOS
“L'architecture offre un art de vivre”
Propos recueillis par Francis Rambert
L'Espagne vient de lui décerner son prix national d'architecture. Très attachée à la conception par le dessin et la maquette, Carme Pinós a fait de son studio sa famille, et de son métier sa vie. Sans se dire urbaniste pour autant, elle travaille depuis une trentaine d'années sur la relation de l'architecture à la ville. Elle a commencé son parcours avec Enric Miralles (1955-2000), cosignant avec lui le cimetière d'Igualada, référence en la matière, et aime à utiliser la géométrie, comme le jeu structurel, pour inscrire ses bâtiments dans leur contexte. Tandis qu'à Barcelone elle a remodelé la place de la Gardunya en articulant deux bâtiments à l'arrière du marché de la Boqueria, à Saragosse la CaixaForum joue désormais son rôle d'attracteur dans un parc urbain. Mais son œuvre ne se limite pas à la péninsule Ibérique ; l'architecte a réalisé le MPavilion 2018 dans un parc à Melbourne, un bâtiment universitaire sur le campus WU à Vienne et plusieurs ouvrages au Mexique, dont deux tours de bureaux à Guadalajara. Si la ville est son sujet de prédilection, elle, qui a beaucoup vécu à la campagne dans sa jeunesse, est par ailleurs très sensible à la relation au paysage ; l'extension d'un hôtel sur l'île de Majorque et le futur chai dans la région viticole de Ribera del Duero le prouvent. Autant d'opportunités de développer des “scénarios pour la vie”.



L'ESPACE CRITIQUE


Tendance
Dans les jupes de maman
par Richard Scoffier
Non, les rideaux n'envahissent pas seulement nos espaces habitables pour contrôler la luminosité ou mettre le monde extérieur à distance. C'est aussi une survivance de notre vie nomade quand, avant de nous sédentariser et de nous urbaniser, nous parcourions les steppes dans des tentes.

Au service du 7e art
par Sophie Trelcat
À Cannes, le campus Georges-Méliès, dédié bien sûr au cinéma et plus généralement à l'image, marque l'une des entrées de la ville. En écho à la minéralité du paysage environnant, cette architecture sculpturale et bien rythmée de béton blanc favorise le brassage de ses utilisateurs. À commencer par le millier d'étudiants qui croisent les salariés et autres start-up du monde de l'audiovisuel.

Greffe dans le paysage des sheds
par Francis Rambert
Sévèrement menacé hier, l'atelier 57 Métal, bâtiment livré en 1984 à Boulogne-Billancourt par Claude Vasconi du temps de la Régie Renault, a trouvé aujourd'hui son salut dans une transformation. Une opération complexe menée à bien, pour le compte de BNPPI, par Dominique Perrault qui en a fait, plus qu'un siège social, un démonstrateur. L'ensemble tertiaire et hybride s'ouvre ainsi sur le quartier du Trapèze, qui achève sa mutation.

Les matériaux de construction, de la production à la mise en œuvre
par Guy Lambert
Maintes recherches historiques sur les matériaux croisent les préoccupations actuelles des concepteurs et des constructeurs en ce qui concerne les filières productives, les vertus de la proximité et l'idée d'économie globale. Deux livres en particulier en témoignent, un manuel sur la pierre et un ouvrage collectif sur le métal au XIXe siècle.
• François Blary et Jean-Pierre Gély, Pierres de construction. De la carrière au bâtiment…, Paris, CTHS, coll. Orientations et méthodes, 2020.
• Matteo Porrino (dir.), Les Matériaux métalliques. Histoire d'une technique et sauvegarde du patrimoine du 19e siècle, coll. Archigraphy poche, Genève, Infolio, 2021.

Terres agricoles sous pression
par Rémi Guinard
En lisière métropolitaine, la consommation des terres agricoles ne cesse guère. Cette mutation des territoires ruraux, déjà impactés par le passage des lignes à haute tension et autres éoliennes, transparaît au cinéma sur différentes scènes. Près de Paris avec EuropaCity, plus loin en Turquie ou en Papouasie. Autant d'exemples qui confirment la fragilité de la ruralité.
• L'Horizon, film d'Émilie Carpentier (Fr., 2021, 84').
• Douce France, documentaire de Geoffrey Couanon (Fr., 2020, 95').
• Les Promesses d'Hasan, film de Semih Kaplanoglu (Turquie, 2020, 147'). En salles depuis le 3 août 2022.
• 140 km à l'ouest du paradis, documentaire de Céline Rouzet (Fr., 2022, 86'). En salles le 21 septembre 2022.
Archiscopie 30 - juillet 2022
Éditorial
La ruralité, une source intarissable - La crise sanitaire a changé la donne. Les cartes du territoire sont rebattues. La métropole, bassin d'emploi par excellence, n'est plus le seul attracteur, il y a comme un regain d'intérêt pour la campagne.

La ruralité fleure bon l'urbanité. “La tendance porteuse de grandes métropoles est sans doute derrière nous”, analyse dès fin 2020 Jérôme Fourquet, le directeur du département Opinion à l'IFOP, prévoyant qu'“une hiérarchie darwinienne entre les villes moyennes va se mettre en place”. Si 87 % des Français estiment préférable d'habiter dans ces villes, 16 % de ceux qui vivent dans les grandes villes sont attirés par des petites cités1. Forte de l'appui des nouvelles technologies, la jeune génération d'actifs (plus que jamais télétravailleurs) n'hésite plus à quitter la ville pour trouver un cadre de vie plus équilibré, plus proche de la nature. Pour autant, on ne peut pas dire que l'on assiste à un exode urbain à proprement parler. C'est ce que confirment les premiers résultats d'une étude pilotée conjointement par le PUCA et le Réseau rural français, évoquant un double malentendu2. Et l'on voit poindre une “greentrification”.
La ruralité ne saurait être un nouveau sujet pour l'architecture, tant les archétypes sont nombreux au milieu des champs, comme dans les vallées alpines ou le long des côtes. On se souvient notamment de la maison construite dans le Sud-Ouest en 2000 par Lacaton & Vassal, à Coutras, réutilisation d'un modèle de production agricole : la serre. Être en symbiose avec le milieu, en phase avec le contexte, c'est l'idée-force quel que soit le territoire. L'architecture de la disparition est ainsi un thème récurrent dans le paysage. La maison encastrée par Future Systems dans la lande des Cornouailles au Royaume-Uni, le chai de RCR enterré sur les hauteurs de Palamós en Catalogne, et bientôt celui de Carme Pinós dans le vignoble de Ribera del Duero, nous confirment cette tendance à faire corps avec la nature. Et l'on connaît le travail très juste, sur un lac ou en fond de vallée, des frères Janin, ce duo d'architecte et paysagiste issu du monde agricole, ou celui du quatuor d'Orma qui distille si bien le contemporain dans le patrimoine corse. Car l'enjeu est d'être bien dans le lieu.
La ruralité favorise par ailleurs l'émergence de typologies hybrides comme la maison-hangar agricole de Guillaume Ramillien et Jean-Christophe Quinton en Normandie, ou le chai-maison agrémenté de chambres d'hôtes dans le vignoble mosellan, d'après un concept de Gens. Re-questionner les modèles, réinvestir les cœurs de village est dans la logique des choses. Ainsi Anna Chavepayre, qui a fait ses armes dans de grandes agences internationales avant de créer son propre atelier sous forme d'un collectif, a finalement choisi de s'implanter au pied des Pyrénées. Militant pour une ruralité réinventée, cette Suédoise d'origine voit le Béarn comme “un nouveau Berlin”, une façon de souligner le large champ d'intervention au service des modes de vie locaux. Oui, la ruralité est source de projets.

1 – “Baromètre sur l'attractivité des villes moyennes”, juillet 2021.
2 – “Exode urbain ? Petits flux, grands effets. Les mobilités résidentielles à l'ère (post-)Covid”,
cf. .

Francis Rambert



SOMMAIRE


LE THÈME



La ruralité, nouvel eldorado ?
par Christine Desmoulins
L'architecture contribue à valoriser les territoires ruraux, et de multiples acteurs s'écartent des ornières qui mènent à l'abandon, grâce à des programmes et des opérations bien ancrés. Depuis notre premier dossier sur ce thème il y a trois ans, les gilets jaunes ont transformé les ronds-points en places de village protestataires et le Covid-19 a mis en vogue un certain retour vers les campagnes. Rurbains ou pas, les habitants profitent de ces nouveaux équipements.

Terres. La fin des géorgiques
par Mathieu Mercuriali
Synonyme de “nature” pour beaucoup, la ruralité est devenue pour certains citadins une possibilité de s'engager dans une nouvelle vie, en télétravail ou en reconversion professionnelle, au plus près de la terre. Architectes et urbanistes doivent en mesurer les enjeux, qu'il s'agisse de la préservation des sols et des espaces naturels ou de l'organisation des infrastructures et de l'habitat car, in fine, campagnes et villes doivent faire partie commune dans la transition écologique.

Voisins de clocher dans les Alpes
par Dominique Amouroux
Inutile de rechercher dans l'espace rural savoyard l'équivalent du chai “griffé”, ce bijou contemporain des viticulteurs : le carcan du vernaculaire y a durablement asservi la création. Mais peu à peu, cette cuticule se déchire. Elle laisse percer une métamorphose où l'architecture exprime l'usage multiforme de territoires fortement caractérisés par leur topographie.

Sur les sentiers de l'expérimentation
par Gabriel Ehret
Implantée à Paris et également à Voiron dans l'Isère, l'agence png, lauréate des AJAP en 2014, s'est attachée depuis à intervenir dans les collectivités rurales, celles de l'arc alpin notamment. L'approche low-tech de leurs solutions environnementales, liée à une expérimentation constructive, est très appréciée. La relation au paysage comme au patrimoine est de facto au cœur de leur démarche.

En verre et pour tous
par Christine Desmoulins
En Lorraine, la mutation du Site verrier de Meisenthal, opérée par SO-IL et Freaks, assure le renouveau du village. La détermination d'un groupe d'enfants du pays soutenus par la communauté de communes du Pays de Bitche a débouché sur un programme original et une stratégie de développement qui puise aux sources d'un lieu où Émile Gallé, maître de l'Art nouveau, fit ses premières expériences.

Trois en un
par Francis Rambert
En Moselle, au domaine Les Béliers, la construction d'un chai à flanc de coteau fut l'occasion pour les architectes de l'agence Gens de réunir trois fonctions - produire, résider, accueillir - dans une même figure linéaire. Une inscription contemporaine dans le paysage rural, réglée par l'économie de moyens.

Reconstruire entre dogmes et blocages
par Philippe Trétiack
En zone rurale aussi, les aléas climatiques font des ravages à grande échelle. On se souvient de la catastrophe qui, au moment de la tempête Alex, a gravement sinistré plusieurs vallées de l'arrière-pays des Alpes Maritimes au début du mois d'octobre 2020. Fort de son expérience à Romorantin, petite ville du Loir-et-Cher qui, en juin 2016, a connu la pire crue de son histoire, l'architecte Éric Daniel-Lacombe est devenu un expert en matière de prévention des risques aquatiques. Une affaire de stratégie.

L'approche rurale dans la conception
par Ivan Blasi
Dans la péninsule Ibérique, où l'on parle aujourd'hui d'une Espagne “vidée”, de nombreuses interventions architecturales réalisées en milieu rural depuis les années 1990 sont venues enrichir les territoires. Cette production hors du champ métropolitain combine création contemporaine et valorisation du patrimoine. Architecture rime alors avec agriculture et viticulture, et, bien sûr, avec culture.

Le Japon, un rapport à la nature en déliquescence
par Cécile Asanuma-Brice
Intégrer la nature à l'urbain, cela paraît incontournable à l'échelle de la capitale japonaise avec ses 39 millions d'habitants, qui doit par ailleurs lutter contre les îlots de chaleur. Si l'on semble loin d'arriver à cet équilibre, quelques opérations, entre écoquartier et colline verte, tentent de proposer des modèles plus verts pour une nouvelle urbanité. Et les toits de parkings publics peuvent aussi faire l'affaire dans un processus de revégétalisation.

Le kolkhoze en cause
par Fabien Bellat
Au début de l'ère soviétique, il s'agissait de gérer la production agraire. Issus de regroupements de villages dans les années 1920, les kolkhozes et autres sovkhozes forment une nouvelle typologie de fermes collectives mises en place par Staline. Peu efficaces et fabriquant une ruralité carcérale, elles ont montré les limites de l'agriculture collectiviste. Khrouchtchev essaiera pour sa part de moderniser les stations de machines et de tracteurs. Le sujet inspira un film à Eisenstein, La Ligne générale.

Une culture de la ruralité - Repères chronologiques, 1935-2022
par Christine Carboni




L'ENTRETIEN



CARME PINOS
“L'architecture offre un art de vivre”
Propos recueillis par Francis Rambert
L'Espagne vient de lui décerner son prix national d'architecture. Très attachée à la conception par le dessin et la maquette, Carme Pinós a fait de son studio sa famille, et de son métier sa vie. Sans se dire urbaniste pour autant, elle travaille depuis une trentaine d'années sur la relation de l'architecture à la ville. Elle a commencé son parcours avec Enric Miralles (1955-2000), cosignant avec lui le cimetière d'Igualada, référence en la matière, et aime à utiliser la géométrie, comme le jeu structurel, pour inscrire ses bâtiments dans leur contexte. Tandis qu'à Barcelone elle a remodelé la place de la Gardunya en articulant deux bâtiments à l'arrière du marché de la Boqueria, à Saragosse la CaixaForum joue désormais son rôle d'attracteur dans un parc urbain. Mais son œuvre ne se limite pas à la péninsule Ibérique ; l'architecte a réalisé le MPavilion 2018 dans un parc à Melbourne, un bâtiment universitaire sur le campus WU à Vienne et plusieurs ouvrages au Mexique, dont deux tours de bureaux à Guadalajara. Si la ville est son sujet de prédilection, elle, qui a beaucoup vécu à la campagne dans sa jeunesse, est par ailleurs très sensible à la relation au paysage ; l'extension d'un hôtel sur l'île de Majorque et le futur chai dans la région viticole de Ribera del Duero le prouvent. Autant d'opportunités de développer des “scénarios pour la vie”.



L'ESPACE CRITIQUE


Tendance
Dans les jupes de maman
par Richard Scoffier
Non, les rideaux n'envahissent pas seulement nos espaces habitables pour contrôler la luminosité ou mettre le monde extérieur à distance. C'est aussi une survivance de notre vie nomade quand, avant de nous sédentariser et de nous urbaniser, nous parcourions les steppes dans des tentes.

Au service du 7e art
par Sophie Trelcat
À Cannes, le campus Georges-Méliès, dédié bien sûr au cinéma et plus généralement à l'image, marque l'une des entrées de la ville. En écho à la minéralité du paysage environnant, cette architecture sculpturale et bien rythmée de béton blanc favorise le brassage de ses utilisateurs. À commencer par le millier d'étudiants qui croisent les salariés et autres start-up du monde de l'audiovisuel.

Greffe dans le paysage des sheds
par Francis Rambert
Sévèrement menacé hier, l'atelier 57 Métal, bâtiment livré en 1984 à Boulogne-Billancourt par Claude Vasconi du temps de la Régie Renault, a trouvé aujourd'hui son salut dans une transformation. Une opération complexe menée à bien, pour le compte de BNPPI, par Dominique Perrault qui en a fait, plus qu'un siège social, un démonstrateur. L'ensemble tertiaire et hybride s'ouvre ainsi sur le quartier du Trapèze, qui achève sa mutation.

Les matériaux de construction, de la production à la mise en œuvre
par Guy Lambert
Maintes recherches historiques sur les matériaux croisent les préoccupations actuelles des concepteurs et des constructeurs en ce qui concerne les filières productives, les vertus de la proximité et l'idée d'économie globale. Deux livres en particulier en témoignent, un manuel sur la pierre et un ouvrage collectif sur le métal au XIXe siècle.
• François Blary et Jean-Pierre Gély, Pierres de construction. De la carrière au bâtiment…, Paris, CTHS, coll. Orientations et méthodes, 2020.
• Matteo Porrino (dir.), Les Matériaux métalliques. Histoire d'une technique et sauvegarde du patrimoine du 19e siècle, coll. Archigraphy poche, Genève, Infolio, 2021.

Terres agricoles sous pression
par Rémi Guinard
En lisière métropolitaine, la consommation des terres agricoles ne cesse guère. Cette mutation des territoires ruraux, déjà impactés par le passage des lignes à haute tension et autres éoliennes, transparaît au cinéma sur différentes scènes. Près de Paris avec EuropaCity, plus loin en Turquie ou en Papouasie. Autant d'exemples qui confirment la fragilité de la ruralité.
• L'Horizon, film d'Émilie Carpentier (Fr., 2021, 84').
• Douce France, documentaire de Geoffrey Couanon (Fr., 2020, 95').
• Les Promesses d'Hasan, film de Semih Kaplanoglu (Turquie, 2020, 147'). En salles depuis le 3 août 2022.
• 140 km à l'ouest du paradis, documentaire de Céline Rouzet (Fr., 2022, 86'). En salles le 21 septembre 2022.
La ruralité, une source intarissable - La crise sanitaire a changé la donne. Les cartes du territoire sont rebattues. La métropole, bassin d'emploi par excellence, n'est plus le seul attracteur, il y a comme un regain d'intérêt pour la campagne.

La ruralité fleure bon l'urbanité. “La tendance porteuse de grandes métropoles est sans doute derrière nous”, analyse dès fin 2020 Jérôme Fourquet, le directeur du département Opinion à l'IFOP, prévoyant qu'“une hiérarchie darwinienne entre les villes moyennes va se mettre en place”. Si 87 % des Français estiment préférable d'habiter dans ces villes, 16 % de ceux qui vivent dans les grandes villes sont attirés par des petites cités1. Forte de l'appui des nouvelles technologies, la jeune génération d'actifs (plus que jamais télétravailleurs) n'hésite plus à quitter la ville pour trouver un cadre de vie plus équilibré, plus proche de la nature. Pour autant, on ne peut pas dire que l'on assiste à un exode urbain à proprement parler. C'est ce que confirment les premiers résultats d'une étude pilotée conjointement par le PUCA et le Réseau rural français, évoquant un double malentendu2. Et l'on voit poindre une “greentrification”.
La ruralité ne saurait être un nouveau sujet pour l'architecture, tant les archétypes sont nombreux au milieu des champs, comme dans les vallées alpines ou le long des côtes. On se souvient notamment de la maison construite dans le Sud-Ouest en 2000 par Lacaton & Vassal, à Coutras, réutilisation d'un modèle de production agricole : la serre. Être en symbiose avec le milieu, en phase avec le contexte, c'est l'idée-force quel que soit le territoire. L'architecture de la disparition est ainsi un thème récurrent dans le paysage. La maison encastrée par Future Systems dans la lande des Cornouailles au Royaume-Uni, le chai de RCR enterré sur les hauteurs de Palamós en Catalogne, et bientôt celui de Carme Pinós dans le vignoble de Ribera del Duero, nous confirment cette tendance à faire corps avec la nature. Et l'on connaît le travail très juste, sur un lac ou en fond de vallée, des frères Janin, ce duo d'architecte et paysagiste issu du monde agricole, ou celui du quatuor d'Orma qui distille si bien le contemporain dans le patrimoine corse. Car l'enjeu est d'être bien dans le lieu.
La ruralité favorise par ailleurs l'émergence de typologies hybrides comme la maison-hangar agricole de Guillaume Ramillien et Jean-Christophe Quinton en Normandie, ou le chai-maison agrémenté de chambres d'hôtes dans le vignoble mosellan, d'après un concept de Gens. Re-questionner les modèles, réinvestir les cœurs de village est dans la logique des choses. Ainsi Anna Chavepayre, qui a fait ses armes dans de grandes agences internationales avant de créer son propre atelier sous forme d'un collectif, a finalement choisi de s'implanter au pied des Pyrénées. Militant pour une ruralité réinventée, cette Suédoise d'origine voit le Béarn comme “un nouveau Berlin”, une façon de souligner le large champ d'intervention au service des modes de vie locaux. Oui, la ruralité est source de projets.

1 – “Baromètre sur l'attractivité des villes moyennes”, juillet 2021.
2 – “Exode urbain ? Petits flux, grands effets. Les mobilités résidentielles à l'ère (post-)Covid”,
cf. .

Francis Rambert

[-]
Archiscopie 30 - juillet 2022
Éditorial
La ruralité, une source intarissable - La crise sanitaire a changé la donne. Les cartes du territoire sont rebattues. La métropole, bassin d'emploi par excellence, n'est plus le seul attracteur, il y a comme un regain d'intérêt pour la campagne.

La ruralité fleure bon l'urbanité. “La tendance porteuse de grandes métropoles est sans doute derrière nous”, analyse dès fin 2020 Jérôme Fourquet, le directeur ...[+]

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y
- n° N°28 jan. 2022 - 127p.
Archiscopie 28 - janvier 2022
Éditorial
L'eau, nourricière - L'eau peut se montrer terriblement dévastatrice. L'actualité nous le rappelle sans cesse, avec la rage des torrents ou des rivières et autres violents épisodes cévenols, les inondations dramatiques et l'inéluctable montée des eaux à l'échelle du globe.

L'élévation du niveau de la mer et l'accélération de l'érosion, en modifiant le trait de côte, menacent des populations, leurs habitats et des lieux de patrimoine, telle Varengeville-sur-Mer en Normandie, dont l'église et le cimetière marin sont en danger. Sur le front des villes côtières ou portuaires, la mobilisation est devenue prioritaire, car il s'agit de trouver des solutions durables.
Et si, parallèlement, et sans déni aucun, à l'heure d'une quête de résilience, on regardait les choses d'une manière plus constructive et réparatrice ? En matière de relation à l'eau, la nature nous donne des exemples extraordinaires. Avec ses colonnes de basalte multiséculaires, la Chaussée des Géants, sur la côte de l'Irlande du Nord, nous invite en effet à réapprécier les choses. Tout est là, dans cette exceptionnelle composition aussi géologique que géométrique, 100 % naturelle. Et l'on ne peut que goûter la subtilité du canal des moines à Aubazine, en Corrèze, douce et savante saignée dans la montagne, créé pour alimenter en eau l'abbaye cistercienne et ses jardins médicinaux.
On sait l'importance de trouver de nouveaux équilibres dans les grands territoires urbains. En 2008, la consultation pour l'avenir de la métropole du Grand Paris avait d'ailleurs focalisé sur la question de ce rapport à l'eau, nous amenant même à “dézoomer” pour élargir la réflexion jusqu'à la mer, à l'initiative d'Antoine Grumbach. Et Jacques Rougerie, qui a choisi depuis longtemps la voie de la prospective, hier avec ses villages sous-marins et aujourd'hui avec SeaOrbiter, nous rappelle qu'“il ne faut pas lutter contre l'eau, mais faire avec”. La reconquête des berges dans les territoires fluviaux va dans ce sens. Au-delà de l'ingénierie hydraulique, l'enjeu est de tirer parti de ce fluide vital pour construire un autre écosystème, où l'architecture joue un rôle primordial.
Depuis l'Antiquité, les architectes ont savamment distillé l'eau dans leurs projets. Si les temples d'Angkor ou le château de Chenonceau sont des références sur le sujet, la période contemporaine n'a pas manqué de confirmer que cette rencontre est bien source d'équilibre et de bonheur esthétique. Wright nous régale encore avec sa maison sur la cascade, tout comme Barragán avec ses écuries de San Cristobal ou sa fontaine des Amants. Et parmi les œuvres de Jean Nouvel qui ont l'art de venir au contact de l'eau, le centre culturel de Lucerne ainsi que le musée du Louvre Abu Dhabi célèbrent, chacun dans son contexte, la pérennité de cette relation.
L'architecture sait capter l'eau pour mieux cadrer le regard. Et s'il s'agit de bien autre chose que d'une facile capture d'écran, cela fera toujours de belles photos sur Instagram.
Francis Rambert

SOMMAIRE


LE THÈME



Architecture de l'eau, une présence au monde
par Jean-François Coulais
D'Angkor, cité hydraulique, à l'Alhambra de Grenade, où l'eau joue un rôle central dans la composition, en passant par les magnifiques ponts-barrages d'Ispahan, l'architecture sait capitaliser cette richesse hautement symbolique qu'est l'élément aquatique. L'enjeu est alors pour l'architecte, entre géographie et topographie, d'allier la conception spatiale à l'intelligence de l'eau. Démonstration est faite de Kahn à Zumthor, et la théorie de la “ville poreuse” de Secchi & Viganò nous invite à revoir la canalisation systématique des eaux urbaines. Tout en répondant à l'urgence climatique, il ne faudrait pas oublier ce lien que l'on peut tisser avec la nature.

Quand relation rime avec articulation
par Mathieu Mercuriali
De la campagne à la ville, du territoire à l'urbain, de l'urbain au quartier, l'eau s'affirme souvent comme un élément majeur dans l'articulation des échelles de projet. Au-delà de la seule architecture hydraulique qui a marqué en son temps l'aménagement du territoire, c'est aujourd'hui une autre approche qui est à l'œuvre, intégrant notamment des zones humides associées à des systèmes de récupération des eaux.

Au-delà de la dimension plastique et ludique
par Jean-Pierre Le Dantec
L'eau a de tout temps participé à l'agrément et à l'ornementation des compositions paysagères. Aujourd'hui, les enjeux climatiques ayant changé les priorités, il s'agit aussi d'améliorer la qualité de l'eau, de lutter contre les îlots de chaleur ou encore de maîtriser les effets de la montée des eaux. Condition première du vivant, l'eau s'impose plus que jamais comme un vecteur essentiel de notre survie collective.

Vers une résilience fluviale du territoire
par Ivan Blasi
De Madrid à Saragosse, de Cordoue à Sallent, l'Espagne s'est lancée dans une reconquête des rives de ses grands cours d'eau. Autant d'espaces qui ont récupéré une vraie valeur environnementale et sociale. Agenda climatique oblige, il s'agit aussi d'être en empathie avec le paysage et la nature.

Les Pays-Bas à fleur d'eau
par Jean-Philippe Hugron
Aménager, urbaniser… en un mot, bâtir, implique depuis des siècles, aux Pays-Bas, de composer avec l'élément aquatique. L'eau doit être maîtrisée et les perspectives climatiques invitent à penser l'avenir de territoires condamnés à disparaître si rien n'est fait. D'une stratégie de lutte à l'acceptation de la fatalité, ingénieurs et architectes veulent désormais faire avec, sans toutefois oublier qu'il importe aussi d'agir contre les évolutions de la nature.

Saint-Pétersbourg, la cité inondable
par Fabien Bellat
Fondée au XVIIIe siècle à l'embouchure de la Neva par Pierre le Grand pour servir de nouvelle capitale à la Russie, la ville de Saint-Pétersbourg se déploie entre canaux et bras fluviaux. Et si l'instabilité des sols a amené à la développer à l'époque sur des pieux comme à Venise, aujourd'hui le risque de montée du niveau des eaux appelle d'autres solutions.

Le Rhône, entre “correction” et renaturation
par Gabriel Ehret
Dans les interventions s'échelonnant le long du Rhône, depuis sa vallée d'origine jusqu'à l'orée de la Camargue, le curseur oscille entre deux pôles : endiguer ses eaux pour contenir les crues ou les laisser reprendre possession de territoires inondables. Désormais, génie civil et esthétique paysagère ne s'excluent plus mais peuvent faire projet ensemble.

Quand l'eau alimente la ville
par Nicolas Binet
Avec son thème “Villes vivantes”, la 16e session du concours Europan a bien naturellement conduit les candidats à travailler sur les relations entre la ville et l'eau ainsi que sur le rôle de ce fluide vital dans l'évolution des écosystèmes urbains. Entre vie maritime et vie fluviale, analyse.

Et vogue la cabane !
par Fiona Meadows et Chris Younès
À l'occasion de l'exposition “Et vogue l'architecture ! Projets flottants à l'ère du changement climatique”, retour sur le concours pour étudiants Mini Maousse 8 sur le thème de l'aquabane, auquel 342 équipes ont participé avec engagement, ingéniosité, imagination et poésie.

À côté de la flaque
par Philippe Trétiack
Élément sans forme mais pas sans matière, l'eau fait toujours couler beaucoup d'encre et envahit les écrans. Dangereuse dans ses débordements, l'eau est elle-même en danger. Si les villes sans fleuve ni rivière ont sans doute d'autres richesses à faire valoir, les cités qui ont établi une relation avec l'eau sont privilégiées. La littérature comme le cinéma s'en abreuvent. Le premier film serait le fleuve, aurait dit Jean Renoir. Réflexion.

Vers des swimscapes ?
par Mélanie Meunier
La nage en eau libre n'est pas seulement un sport aux dimensions olympiques, mais également un moyen de découvrir le territoire. Une expérience sensorielle qui croise la géographie du lieu et la recherche d'harmonie avec la nature. Une pratique non dénuée d'esthétique, que la littérature comme le cinéma ont déjà mise en perspective. Pas question de se laisser dériver pour autant.

Construire avec l'eau - L'eau au cœur de l'habiter, 1934-2022
par Christine Carboni
Repères chronologiques



L'ENTRETIEN



JACQUES ROUGERIE
“Il ne faut pas lutter contre l'eau, mais faire avec”
Propos recueillis par Francis Rambert
S'il aime à donner le cap, il n'est pas du genre “navigateur” solitaire, mais plutôt homme d'équipage. S'étant abreuvé très jeune à une culture de la mer, Jacques Rougerie a vite fait le lien avec l'espace. Tourné vers la prospective à l'aube des années 1970, l'architecte a notamment imaginé des refuges, comme des modules ou des fermes sous la mer, et publié Habiter la mer, livre culte révélateur d'un immense potentiel. En créant il y a treize ans une fondation qui porte son nom, dont le rayonnement international est indiscutable, il a fait le pari de la jeunesse pour creuser davantage l'imaginaire et les idées à développer dans ce domaine, y compris concernant la question cruciale de la montée des eaux. Il est par ailleurs l'auteur du projet SeaOrbiter, un vaisseau semi-submersible autonome conçu pour tirer parti de la puissance du soleil et de la force des courants afin d'explorer les océans. Explorer toujours, c'est le maître mot. En attendant de boucler le financement de ce projet inédit, il va participer aux Jeux olympiques de 2024 avec la réalisation de la base nautique de Marseille.



L'ESPACE CRITIQUE


Tendance
Quand l'escalier s'éveillera…
par Richard Scoffier
Oubliés les fastes de Versailles, du Vatican ou de l'opéra Garnier, les escaliers ont presque partout été emprisonnés entre quatre murs à l'abri des fumées par les pompiers. Pourtant il semblerait que ce simple élément puisse être considéré comme le fondement même de l'architecture.

Rogers, le high-tech haut en couleur
par Francis Rambert
Disparu à l'âge de 88 ans fin décembre, Richard Rogers s'est affirmé comme l'un des tenants du courant high-tech. Du Centre Pompidou au terminal T 4 de l'aéroport de Madrid-Barajas, c'est toute une ligne créative où la maîtrise technique est au service de l'espace, sans perdre de vue les dimensions urbaine, sociale et politique de l'architecture.

Retour à la terre à Romainville
par Olivier Namias
Exemple significatif d'agriculture urbaine, la ferme maraîchère a poussé à la verticale sur le terreau d'une ancienne cité des années 1960 remodelée dans le cadre d'une opération ANRU. Un projet conçu par Ilimelgo, équipe impliquée dans l'aventure biologique et qui a opté, là, pour une architecture industrielle où prospèrent légumes et autres champignons.

Galet et escalade
par Jean-François Pousse
Enveloppé dans ses bandes d'aluminium blanc très dynamiques, le nouvel Espace Mayenne à Laval, dédié au sport et au spectacle, non seulement se présente comme une métaphore du mouvement, mais joue aussi le rôle d'un attracteur venant requalifier la périphérie.

Bofill, pionnier à ses heures
par Francis Rambert
Figure du postmodernisme, Ricardo Bofill, récemment disparu, a une longue histoire avec la France, de Paris à Montpellier en passant par plusieurs villes nouvelles. Le chef de file du Taller de Arquitectura a imprimé une marque bien plus moderne et inventive en Espagne. À Sant Just Desvern, dans la banlieue de Barcelone, l'architecte catalan a ainsi conçu simultanément deux opérations manifestes qui entrent en dialogue : les logements de Walden 7 et la Fábrica, icône de la transformation.

Microcosmes urbains
par Rémi Guinard
En Asie, la question urbaine est un sujet récurrent au cinéma, traité non sans férocité. Portrait d'une métropole en mutation paradoxale à Shanghai, urbanisme carnassier à Canton, patrimoine moderne en péril à Phnom Penh.
• H6, documentaire de Ye Ye (Chine/Fr., 2021, 81'). En salles depuis le 2 février.
• Guanzhou, une nouvelle ère, documentaire de Boris Svartzman (Fr., 2019, 71'). En salles depuis le 5 janvier.
• White Building, de Kavich Neang (Cambodge/Fr./Chine, 2021, 90'). En salles depuis le 22 décembre 2021.

Enseignement
Regarder, énoncer, dessiner, construire
par Gricha Bourbouze
Archiscopie poursuit son panorama de points de vue sur la question de l'enseignement de l'architecture à l'heure des grandes transitions, écologique, démographique, numérique. Depuis trois ans, nous ouvrons nos colonnes à des enseignants qui donnent, à chaque fois, l'angle d'une pédagogie. C'est au tour de Gricha Bourbouze, dont le parcours, depuis 2007, dans des écoles très différentes comme Marne-la-Vallée, Versailles, Nantes et aujourd'hui Paris-Malaquais offre un éclairage particulier sur le questionnement. Il propose une méthode active en quatre temps dont le quatrième vise à construire. Basé à Nantes, Gricha Bourbouze est associé à Cécile Graindorge et est pleinement engagé dans la cause du logement. À cet égard, l'agence Bourbouze & Graindorge est l'invitée de la Plateforme de la création architecturale, cette saison, face à Peris + Toral Arquitectes, de Barcelone.


LA BIBLIOGRAPHIE[-]
Archiscopie 28 - janvier 2022
Éditorial
L'eau, nourricière - L'eau peut se montrer terriblement dévastatrice. L'actualité nous le rappelle sans cesse, avec la rage des torrents ou des rivières et autres violents épisodes cévenols, les inondations dramatiques et l'inéluctable montée des eaux à l'échelle du globe.

L'élévation du niveau de la mer et l'accélération de l'érosion, en modifiant le trait de côte, menacent des populations, leurs ...[+]

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y
- n° 26 juil. 2021 - 128 p.
Réseautopia, l'horizon utopique de l'infrastructure
En finir avec les infrastructures hors sol ?
Vous avez dit ouvrage d'art ?
Habiter l'infrastructure au Japon
La tentation de la standardisation (URSS)
Lyon et sa machine à circuler
Scénographie urbaine dans le ballet des flux
Structurer le récit
Mendes da Rocha : la ville, plutôt à l'horizontale
Infrastructures. Utopies, constructions, mutations, réseaux - 1960-2021 repères chronologiques

l'entretien : Sébastien Marot“La vraie question aujourd'hui : qu'est-ce qu'un monde ?”
L'espace critique : La résurrection du sous-sol
Dialogue sur le campus grenoblois : (transformation du bâtiment de l'Institut d'études politiques par Chapuis-Royer)
La boîte noire comme modèle générique (LAN, Théâre du Maillon à Strasbourg)
Faire de la contrainte une arme (opérations de logements à Paris 20e et 12e par Remingtonstyle et Mars architectes)
L'industrialisation du bâtiment : géopolitique, imaginaire et héritage
Itinéraire d'un enseignant-chercheur, Pierre Pinon (1945-2021)
De la route au tarmac, variations dramatiques (cinéma et infrastructures)[-]
Réseautopia, l'horizon utopique de l'infrastructure
En finir avec les infrastructures hors sol ?
Vous avez dit ouvrage d'art ?
Habiter l'infrastructure au Japon
La tentation de la standardisation (URSS)
Lyon et sa machine à circuler
Scénographie urbaine dans le ballet des flux
Structurer le récit
Mendes da Rocha : la ville, plutôt à l'horizontale
Infrastructures. Utopies, constructions, mutations, réseaux - 1960-2021 repères chronologiq...[+]

INFRASTRUCTURE DE TRANSPORT ; OUVRAGE D'ART ; RESEAU ; ESPACE PUBLIC ; ECHANGEUR ; AGRICULTURE ; PERMACULTURE

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y

Archiscopie -N° 27 thème : bien vieillir | Archiscopie 01/10/2021 H

Sommaire de revue

- n° 27 oct. 2021 - 128 p.
"Espérance de vie et espérance d'espace - Bien vieillir, tout le monde y aspire. Mais dans quels lieux ? Bien vieillir ensemble, c'est un sujet sociétal et architectural qui mérite la plus grande attention pour rendre les choses plus supportables." (editorial)
Hors dossier
Lacaton et Vassal
Scoffier : Ainsi va le baldaquin
Trétiack : Une affaire de casting
Trelcat : Un nouveau lieu pour les cinéphiles
Desmoulins : Franck Hammoutène
Ehret : Histoire(s) de villes (2 livres de Pierre Gras)
Guinard : L'âge, sans complaisance (cinéma)
Enseignement : Remy Marciano : ouvrir les imaginaires
Bibliogr[-]
"Espérance de vie et espérance d'espace - Bien vieillir, tout le monde y aspire. Mais dans quels lieux ? Bien vieillir ensemble, c'est un sujet sociétal et architectural qui mérite la plus grande attention pour rendre les choses plus supportables." (editorial)
Hors dossier
Lacaton et Vassal
Scoffier : Ainsi va le baldaquin
Trétiack : Une affaire de casting
Trelcat : Un nouveau lieu pour les cinéphiles
Desmoulins : Franck Hammoutène
Ehret : ...[+]

PERSONNE AGEE ; LOGEMENT POUR PERSONNE AGEE

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y
- n° 24 hiver 2021 - 128 p.
D'après le sommaire
Brèves
Faloci, ENSA de Toulouse, au Mirail
Belvédère « Le Porte vue » en porte -à-faux, Atelier Ritz
Disparition de Pierre Cardin
Dossier Le sacré
Pousse Jean-François, Construire pour la foi
Machabert Dominique, Peut-être le sacré, après tout (Alvaro Siza)
Rambert Francis, Du culte à la culture, ces églises qu'on transforme
Trétiack Philippe Vous avez dit monstre sacré ?
Desmoulins Christine, Rendre au monde un chef d'œuvre (Cathédrale Notre Dame)
Le Dantec Jean-Pierre, Retour sur un manifeste pour la création (Victor Hugo Notre-Dame-de-Paris)
Bellat Fabienne, Effacement et manipulation du sacré : églises et communisme
Carboni Christine, Architectures sacrées en France de1928 à nos jours (chronologie)
Entretien Jean-Marie Duthilleul et Francis Rambert

Espace critique
Scoffier Richard : Sous le ciel gris
Trelcat Sophie : Le logement au seuil de l'habiter (9 opérations récentes : Bruther à Paris 19e, CAB architectes à Pantin, Aveniez Cornejo à Pantin et Paris, Brenac & Gonzalez Chapelle international à Paris 18e, Manuelle Gautrand Edison Lite Paris 13e, Red Arch. Reconversion des Bains-douches ruer Castagnary Paris 15e coworking coliving, Mars architects, av . de St Mandé Paris 12e, Gaetan Le Penhuel à Nanterre.
Namias Olivier, La foire aux utopies (PEX « Meett » par OMA à Aussonne près deToulouse)
Ehret Gabriel, Ouvrir le champ des possibles (Paysagistes BASE à Lyon Confluences)
Ziegler Volker, Biorégionalismes
Gresset Philippe, Le jardin comme l'un des beaux-arts.
Rambert Francis, La marque inoubliable de Miralles
Guinard Rémi Vœux pieux ? (Cinéma : Nora Martirosyan, Eugène Green, Pier Paolo Pasolini)[-]
D'après le sommaire
Brèves
Faloci, ENSA de Toulouse, au Mirail
Belvédère « Le Porte vue » en porte -à-faux, Atelier Ritz
Disparition de Pierre Cardin
Dossier Le sacré
Pousse Jean-François, Construire pour la foi
Machabert Dominique, Peut-être le sacré, après tout (Alvaro Siza)
Rambert Francis, Du culte à la culture, ces églises qu'on transforme
Trétiack Philippe Vous avez dit monstre sacré ?
Desmoulins Christine, Rendre au monde un chef d'œuvre ...[+]

ARCHITECTURE RELIGIEUSE ; BATIMENT CULTUEL ; RECONVERSION DE BATIMENT ; DUTHILLEUL (JEAN-MARIE) ; CRITIQUE ARCHITECTURALE ; BATIMENT D'HABITATION COLLECTIF

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y
- n° 22 Eté 2020 - 128 p.
d'après le Sommaire
DOSSIER
Après 2008, vers un écosystème numérique par Octave Perrault
Le numérique reste l'une des questions majeures de l'architecture contemporaine. L'expansion de ce domaine depuis plus de cinq décennies a marqué tous les aspects de la production architecturale Construit comme une série de liens, ce texte d'introduction écrit par un jeune architecte décrit un état des lieux.
Révolution numérique et / ou condition “post-numérique” ? par Antoine Picon
Transformation au moins autant sociétale et culturelle que technique, la révolution numérique soulève nombre de questions en termes de fabrique de l'architecture et d'évolution des agences, sans parler des fondements de la discipline.

La perspective d'un Bauhaus numérique par Jian Zhuo
À Shanghai, l'école d'architecture et d'urbanisme de l'université Tongji a résolument mis le cap sur le numérique depuis 2003 à l'initiative de Siegfried Zhiqiang Wu. Chaque année depuis 2011, l'université accueille le workshop international “Digital Futures” et son nouveau recteur est un spécialiste de l'IA.
Déconstruire le numérique pour reconstruire le projet par Mathieu Mercuriali
Depuis les années 1990, les ordinateurs sont entrés en masse dans les agences, modifiant le mode de conception et de production des projets. Parallèlement, d'autres processus, plus participatifs, se sont mis en place ces dernières années dans les territoires. Qu'est-ce qui “fait projet”, c'est la question.
Au-delà de l'instrument par Giuseppe Pullara
Entre réserve et fascination, enquête dans des agences et dans les écoles d'architecture des universités Roma Tre et La Sapienza et de l'IUAV.
La révolution numérique, un nouvel universalisme ? par Fabien Bellat
La transition numérique est bien à l'œuvre dans les écoles d'architecture. Et si certains logiciels préparent clairement les étudiants à l'utilisation du BIM, il existe un éventail de possibilités à côté d'AutoCAD. Car l'enjeu est bien de passer de l'idée au réel.
Les architectes vont-ils devenir des superviseurs ? par Pascal Terracol
Tandis que le BIM augmenté fait son chemin, l'intelligence artificielle sème pour le moins une grande perplexité dans la communauté architecturale. Le deep learning va-t-il laisser la main à l'architecte pour garder la cohérence du projet ? Le generative design, producteur d'esquisses à l'infini, risque-t-il de réduire la capacité créative de l'auteur ? Quelles seraient les options pour l'enseignement et la recherche, dès lors qu'on parle d'intelligences pour l'architecture ?
Au filtre d'Insta, l'architecture capturée par Philippe Trétiack
Dans le flux incessant d'images, une façade en chasse une autre, un bâtiment en pousse un autre… Et si Instagram, avec son milliard d'utilisateurs, avait volé la vedette aux revues d'architecture ?
Modularité, paramétrisme, intelligence artificielle par Christine Carboni
Repères chronologiques, 1923-2020

L'ENTRETIEN : MASSIMILIANO FUKSAS Propos recueillis par Francis Rambert “L'hybride est le sujet dans notre monde contemporain”.
La Biennale d'architecture de Venise de 2000, exhortait à “moins d'esthétique, plus d'éthique”. C'est encore plus vrai aujourd'hui, pense l'architecte romain avec Doriana Fuksas. En pleine crise sanitaire mondiale, il a créé un groupe avec des scientifiques et des chercheurs pour penser le futur d'une manière plus solidaire et plus durable où les questions de la pollution et de l'air conditionné prennent une place majeure.

L'ESPACE CRITIQUE

Mais que se trame-t-il derrière la trame ? par Richard Scoffier
Terragni, Sol LeWitt, Superstudio semblent venir aujourd'hui hanter les derniers espaces constructibles des villes françaises. Que signifient ces trames neutres équipées ou décorées qui envahissent doucement notre paysage urbain ?

Au cœur du laboratoire latino-américain par Marie-Hélène Contal
Le Global Award for Sustainable Architecture s'attache à repérer des architectes-chercheurs qui inscrivent leur démarche dans une conscience des grandes transitions, contribuant, là où ils sont, au changement de paradigme. Sous cette lentille, l'Amérique latine, avec quatorze lauréats, révèle une scène d'innovation particulièrement vivace.

Nouvelle vague sur le canal de l'Ourcq par Sophie Trelcat
Dans une ancienne zone industrielle bordant le canal de l'Ourcq à Pantin, en déshérence il y a peu encore, les architectes de l'agence CAB ont livré 44 logements sociaux. L'opération est l'un des maillons de la reconquête des berges du canal, une revalorisation territoriale inscrite dans le projet Plaine de l'Ourcq.

Bien dans la plaque par Francis Rambert
Construite pour accueillir une centaine d'élèves, la nouvelle École nationale supérieure de la photographie à Arles s'inscrit dans un nouveau pôle culturel né de la reconversion de friches ferroviaires. C'est l'occasion d'un face-à-face entre Frank Gehry et Marc Barani. Chacun son répertoire dans cette scénographie urbaine et paysagère.
Olympiapark, la chance de l'inconscience par Jean-Philippe Hugron

Construit pour les Jeux olympiques de 1972 à Munich, l'Olympiapark de Behnisch & Partner, avec ses toitures comme des tentes d'acrylique transparentes suspendues par des mâts métalliques, reste une icône de l'architecture légère. Cet ensemble paysager, creusé dans le sol, se prépare pour une rénovation profonde .

Le laboratoire urbain Chez soi à Billancourt par Jean-François Pousse
Tandis que Dominique Perrault amorce la transformation du 57 Métal, vestige des usines Renault, et que le projet de l'île Seguin prend une autre tournure avec Christian de Portzamparc, on peut prendre la mesure de la réalité construite sur le Trapèze, dont 5 000 logements. Soit un laboratoire urbain de 1,2 million de mètres carrés placé sous le signe de la densité, territoire d'application du macrolot, le tout en relation avec l'espace public selon un plan conçu par Patrick Chavannes en 2003 d'après un concept global de Jean-Louis Subileau.


Entre critique et prospective par Mélanie Meunier
Disparus quasiment en même temps, cet hiver, Yona Friedman et Michel Ragon auront partagé l'aventure de la futurologie. Retour sur une rencontre.

Sans feu ni lieu par Rémi Guinard
• Effacer l'historique, de Benoît Delépine & Gustave Kervern (France, 2020, 106 min).
• Midnight Traveler, de Hassan Fazili (USA / Royaume-Uni / Canada, 2019, 87 min).
• La Nuit venue, de Frédéric Farrucci (France, 2019, 95 min).
• Vivarium, de Lorcan Finnegan (USA / Belgique / Irlande, 2019, 98 min).

Enseignement : La beauté guérit par Georges Heintz
Après Montpellier, Paris-Malaquais, Paris-Val de Seine et Paris-Belleville, c'est à l'une des figures de l'école de Strasbourg que nous donnons cette fois la parole. Georges Heintz, qui aura passé huit ans auprès de Rem Koolhaas et Elia Zenghelis à l'OMA à Rotterdam, enseigne depuis une bonne trentaine d'années. Cet ancien pensionnaire de la Villa Kujoyama au Japon, qui a été président de l'International Forum of Young Architects pendant neuf ans, a toujours eu une activité internationale, que ce soit comme professeur invité (Stuttgart, Sofia, Hô Chi Minh, Louvain) ou en tant qu'organisateur ou participant à des workshops, principalement en Europe (Berlin, Karlsruhe, Innsbruck, Venise, Naples, Bucarest, Bruxelles) mais aussi à l'université Tongji, à Shanghai. Il nous livre son point de vue humaniste revendiquant le droit à l'esthétique.[-]
d'après le Sommaire
DOSSIER
Après 2008, vers un écosystème numérique par Octave Perrault
Le numérique reste l'une des questions majeures de l'architecture contemporaine. L'expansion de ce domaine depuis plus de cinq décennies a marqué tous les aspects de la production architecturale Construit comme une série de liens, ce texte d'introduction écrit par un jeune architecte décrit un état des lieux.
Révolution numérique et / ou condition ...[+]

ARCHITECTURE NUMERIQUE ; SOCIETE NUMERIQUE ; FUKSAS (MASSIMILIANO) ; CRITIQUE ARCHITECTURALE ; GLOBAL AWARD FOR SUSTAINABLE ARCHITECTURE ; AMERIQUE LATINE ; BARANI (MARC) ; BEHNISCH & PARTNER ; BOULOGNE-BILLANCOURT ; CAB ; HEINTZ (GEORGES)

Favoris
Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.
y
- n° 23 automne 2020 - 128 p.
D'après le somaire
Brêves
Gènes le viaduc de la reconquête
Prototype d'habitat sur Mars par BIG Mars Science City Project à Dubaï
Couverture du stade Suzanne-Lenglen à Roland Garros par Dominique Perrault
Francis Soler immeuble rue Campagne Première 75014
Dossier Climat
Namias Olivier, Ce que le climat fait à l'architecture
Mercuriali Mathieu, Les fondamentaux de l'architecture remis en question
Trelcat Sophie, Quand la mer monte….
Ehret Gabriel Faisceaux d'énergies
Tretiack Philippe Quand l'immersif fabrique un climat
Marie Jean-Baptiste, Et si la transition «écologique pouvait se passer du numérique….
Santelli Serge, Hassan Fathy et le malkaf (Technologie appropriée et ventilation naturelle)Desmoulins Christine, Servis sur un plateau un cloitre et son jardin (l'Ecole Normale Supérieure à Paris-Saclay, RPBW.)
Carboni Christine L'air, la matière le milieu le climat : repères chronologiques
Bas Smets Entretien avec Francis Rambert « La nature est un algorithme complexe »
Espace critique
Scoffier Richard De la vraie nature de l'architecture
Diener Amandine, Brest, ville paysage en transition
Rambert Francis, Transformer pour mieux jouer (Scène nationale La Comédie à Clermont-Ferrand(reconversion d'une gare routière par Souto de Moura)
Onaner Can, Ce qui se cache derrière l'ornement (Adolf loos)
Lambert Guy, l'architecture au risque du public
Guinard Régis, Confinement, variations (enfermement et cinéma : Luis Bunuel, David Zonana, Bong Joon-Ho, Wang Quan'an, Narciso Ibanez Serrador, Christian Barani)
Lipsky Florence, (enseignement de l'architecture) Architecture et environnement[-]
D'après le somaire
Brêves
Gènes le viaduc de la reconquête
Prototype d'habitat sur Mars par BIG Mars Science City Project à Dubaï
Couverture du stade Suzanne-Lenglen à Roland Garros par Dominique Perrault
Francis Soler immeuble rue Campagne Première 75014
Dossier Climat
Namias Olivier, Ce que le climat fait à l'architecture
Mercuriali Mathieu, Les fondamentaux de l'architecture remis en question
Trelcat Sophie, Quand la mer monte….
Ehret ...[+]

CHANGEMENT CLIMATIQUE ; TRANSITION ECOLOGIQUE ; ECONOMIE D'ENERGIE ; SMETS (BAS)

Favoris

Filtrer

Type de document
Mots-clés
Date de parution