À l'été 2025, neuf États occidentaux ont formellement reconnu l'État de Palestine. Cette reconnaissance et la résurgence de la solution à deux États, désormais moribonde, s'accompagnent d'une criminalisation des appels à libérer la Palestine « du fleuve à la mer ». Ce numéro pose la question suivante : la libération peut-elle jamais prendre la forme d'un État ? Reprenant une expression employée à plusieurs reprises par Sophia Azeb dans l'histoire de The Funambulist (depuis notre première conversation en 2014), The No-State Solution entend revisiter ce concept dans le contexte palestinien, en remettant en cause l'idée même de « solution » (Sophia Azeb et Rebecca Gross), mais aussi dans d'autres luttes de libération, comme les luttes kurde (Havin Guneser) et zapatiste (Linda Quiquivix). Il nous met en garde contre les aspirations étatiques, telles que celles mises en œuvre en Sierra Leone et au Libéria (ce que William C. Anderson appelle le « sionisme noir » dans sa contribution), et interroge les différences entre les formes de gouvernance étatiques et communautaires, notamment en matière de santé, comme l'illustrent les exemples de Cuba et du Venezuela (Lisbeth Moya González). Enfin, il envisage des avenirs sans frontières ni État à Aoetaroa (Kai-rui Cheng) et à Kanaky (Florenda Nirikani). Quant à l'illustration de couverture, il s'agit d'une création originale de Samir Harb.
Dans la rubrique « Nouvelles des fronts », vous pouvez lire quatre textes sur la transformation des terres et des eaux du nord du Viêt Nam au cours du siècle dernier (Ngọc Nâu), le difficile exercice d'équilibre que représente le mouvement géorgien pour son indépendance face à l'impérialisme russe, mais aussi européen (Keto Gorgadze), la pratique de la dénomination comme tactique minangkabau pour contester la javanisation de l'Indonésie (Rusmailia Lenggogeni), et la gestion des terres à travers l'artisanat et l'architecture dans le Ghana rural (Courage Dzidula Kpodo).
Nous poursuivons également notre nouvelle rubrique du magazine de transmission intergénérationnelle intitulée « Apprendre de nos aînés », dans laquelle un militant partage avec nous les leçons tirées d'une erreur ou d'un échec passé. Nous entendons le témoignage de Nils Andersson, qui, depuis la Suisse, a publié des ouvrages interdits par la France pendant la révolution algérienne.
Rédacteur en chef : Léopold Lambert
Responsable de la communication : Shivangi Mariam Raj
Chef de bureau : Assia Tamerdjent
Stagiaire : Adela Vavříková
Traducteurs : Virginie Bobin (fr), Rosanna Puyol Boralevi (fr), Line Ajan (fr), Lyor Askénazi (fr), Léopold Lambert (fr/en)
Conception graphique : adaptée d'un modèle conçu par Akakir Studio
Rédactrice collaboratrice : Carol Que et Rosanna Puyol Boralevi